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Articles

Affichage des articles du mars, 2013

La banque pour ceux qui ne sont pas d’accord

Un groupe d’actionnaires investissent $10 de capital dans la création d’une nouvelle société. Le jour de son lancement, le bilan de la société peut donc être représenté comme suit :Le business plan initial des actionnaires consiste à (i) émettre $30 d’emprunts à 10 ans sur le marché et (ii) à utiliser les capitaux ainsi levés pour acheter un portefeuille d’obligations à 10 ans qui offrent des rendements particulièrement attrayant – i.e. du high yeld. Selon leurs estimations, leurs emprunts devraient leur coûter environ 4% par an tandis que le portefeuille qu’ils comptent acheter devrait, si tout se passe bien, générer du 6% ; il suit donc qu’ils devraient gagner 2% de spread ($0,6) – soit un rendement de 4% sur le capital investit. Le bilan de la société ressemble maintenant à ceci :C’est à ce stade que les actionnaires ont une idée absolument géniale. En plus de capter un spread de crédit, ils vont aussi essayer de capter un spread de taux : l’écart entre les taux court et les taux à…

La règle du jeu

Au 31 décembre 2011, alors que la crise grecque battait son plein, le total du bilan de Laiki Bank était équivalent à 188% du PIB chypriote et la banque opérait avec un effet de levier de 55x (voir page 60). Par effet de levier, j’entends ici le total de l’actif rapporté aux fonds propres – un dessin valant mieux qu’un long discours : un levier de 55x, ça ressemble à ça (en millions d'euros) :Alors que la plupart des commentateurs se demandent comment – Ô, mon Dieu comment ? – le législateur et la myriade d’instances de contrôle qui sont supposées surveiller les banquiers ont pu laisser passer ça, je vais essayer de vous expliquer pourquoi, dans un système bancaire sain et même en l’absence de régulateur, un tel monstre n’aurait jamais dû exister.Le gambit du capitalAu premier abord, on pourrait penser que les actionnaires de Laiki auraient dû être les premiers à s’alarmer d’une telle situation. Après tout, les 601 millions d’euros de capital qui risquent de partir en fumée au moi…

Les promesses de Maastricht

Ce graphique qui retrace l’évolution du spread des taux à 10 ans des États-membres de la zone euro contre le bund allemand résume à lui seul l’histoire de la monnaie unique de janvier 1993 à aujourd’hui.Le traité de Maastricht est rentré en vigueur le 1er novembre 1993 (point 1 sur le graphique). Le 31 décembre 1998 (point 2 sur le graphique), l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Danemark, l’Irlande, la Grèce, l’Espagne et le Portugal (lignes continues) abandonnent de fait leurs monnaies nationales dont le cours en euro est irrévocablement fixé. Le 1er janvier 2001 (point 3), la Grèce (tirets) rejoint ce premier groupe. La zone euro compte désormais 12 membres. Enfin, le 1er janvier 2008 (point 4), c’est au tour de Chypre et de Malte puis, un an plus tard, de la Slovaquie et enfin de l’Estonie (pointillés) qui rejoint la zone le 1er janvier 2011.Toute la construction de la zone euro reposait sur une idée simple : en adoptant la monnaie unique,…

Principe de séniorité des déposants

En prenant quelques libertés avec les proportions, on peut expliquer le principe d’un CDO (Collateralized Debt Obligation) avec le schéma suivant :À l’actif, on trouve un portefeuille de dettes (obligations, prêts bancaires ou une exposition synthétique via des Credit Default Swaps) pour un montant de $1,000 qui rapporte 5% d’intérêts annuels soit $50. Le passif qui finance l’achat de ce portefeuille est composé, dans notre exemple, de 4 tranches qui déterminent l’ordre de priorité de paiement des intérêts générés par le portefeuille de dettes.La priorité absolue revient aux investisseurs qui détiennent, pour un montant de $600, la tranche dite senior : comme c’est la position la moins risquée, ils sont rémunérés à hauteur de 2% par an – soit $12. Suivent les porteurs de la première tranche mezzanine ($200) qui touchent 5% après que les porteurs de la tranche senior aient perçus les intérêts qui leurs sont dus. De la même manière, les investisseurs qui détiennent la seconde mezzanine

La banque pour les nuls

Le métier de base d’une banque consiste à emprunter de l’argent à court terme – typiquement, le solde créditeur des comptes de ses clients [1] – pour le prêter à long terme – notamment sous forme de crédits immobiliers ou de prêts aux entreprises. C’est le principe même du métier ; c’est ce qu’on appelle de la transformation : les banques transforment une épargne à court terme en financements à long terme et, ce faisant, captent un écart de taux – la marge d’intérêts – qui correspond à la différence entre le taux auquel elles prêtent et celui auquel elles empruntent. C’est de cette manière, si l’on met de côté les commissions, qu’elles gagnent de l’argent.Considérez, par exemple, le…Bilan – très simplifié – de la banque ABCÀ l’actif, on trouve $100 de prêts (immobiliers, à la consommation, aux entreprises… peu importe) accordés par la banque qui sont financés, au passif, par $10 de capital – l’argent des actionnaires – et $90 de dépôts – votre argent [2]. Dans cet exemple, la banque A…

Dix ans d’inflation

L'évolution du prix, en devise locale, d’un Big Mac entre avril 2003 et janvier 2013 donne une idée assez précise de l'inflation.
CountryApr 2003Jan 2013VariationDenmark27.7528.52.7%Switzerland6.36.53.2%Taiwan70757.1%South Korea3 3003 70012.1%Japan26232022.1%Czech Republic56.5770.3324.3%Peru7.91026.6%South Africa13.9518.3331.4%New Zealand3.955.231.6%Euro area2.713.5932.7%Britain1.992.6935.2%Singapore3.34.536.4%Poland6.39.144.4%Chile1 4002 05046.4%Thailand598747.5%Hong Kong11.51747.8%Australia34.756.7%Malaysia5.047.9557.7%Mexico233760.9%United States2.714.3761.2%Sweden3048.461.3%China9.91661.6%Canada3.25.4169.1%Hungary49083069.4%Indonesia16 10027 93973.5%Russia4172.8877.8%Philippines6511881.5%Egypt816100%Turkey [1]3.758.45125.3%Brazil4.5511.25147.3%Argentina4.119363.4%Venezuela [2]3.739954.1%
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[1] 1 lire turque actuelle = 1 000 000 anciennes lires turques (décembre 2003).
[2] 1 bolívar fuerte = 1 000 bolívars de 2003 (janvier 2008). Source : The Economist.

Désindustrialisation globale

Dans le même esprit que le précédent : le poids du secteur manufacturier est passé de 25% du Produit Mondial Brut en 1970 à environ 16% actuellement [1].Ce phénomène n’a rien à voir avec l’hypothétique « concurrence déloyale » d’une nation extraterrestre mais n’est qu’une simple conséquence des gains de productivité qui ont fait chuter la valeur marchande des produits industriels et de l’amélioration de nos conditions de vies qui fait que nous consommons proportionnellement plus de services.Source : Unstats, fichier GDP and its breakdown at current prices in National currency. Les données chinoises antérieures à 2004 sont des estimations de votre serviteur.

Emploi manufacturier aux États-Unis (1939-2012)

Le graphique ci-dessous illustre la part de l’emploi manufacturier dans l’emploi total (hors fermes) aux États-Unis de 1939 à 2012 (ligne continue).Mettez de côté le pic lié à l’effort de guerre dans les années 1940, et vous obtenez une baisse continue depuis une bonne soixantaine d’années : d’environ 30% dans les années 1950, la part de l’emploi manufacturé est tombée à moins de 10% des dix dernières années – c’est la fameuse désindustrialisation.Maintenant, vous vous demandez sans doute à quoi correspond la ligne en pointillés. Eh bien c’est une simple régression linéaire, basée sur les données des années 1950 à 1960, et extrapolée sur les années suivantes. En d’autres termes, si, en 1961, un économètre s’était amusé à prolonger la tendance des années 1950, il aurait prédit presque parfaitement ce qui allait effectivement se passer au cours des 52 années à venir et en aurait conclu que la part des emplois manufacturiers aux États-Unis tomberait à zéro aux alentours de l’année 2034.S…

À propos de la TTF

La France et dix autres pays de l’Union européenne [1] s’apprêtent à innover – en matière fiscale bien sûr – en instaurant de concert une Taxe sur les Transactions Financière (TTF) de 0,1% sur le montant des transactions financières (0,01% du notionnel sur les produits dérivés). Ce nouvel impôt vise, naturellement, à remplir les caisses de nos États impécunieux mais aussi à modifier le fonctionnement du marché en faisant disparaitre un certain nombre de transactions jugées nuisibles par nos gouvernants. Sans revenir sur les détails de ce qui nous attend, je vous propose ci-dessous d’anticiper les effets d'une telle taxe en posant l'hypothèse - très osée, j'en conviens - que le législateur parviendra à contenir le grand mouvement de délocalisation auquel nous sommes en droit de nous attendre.Dommages collatérauxLe premier, celui qui – au moins officiellement – est un des deux objectifs de la TTF, c’est de faire purement et simplement disparaitre un certain nombre d’acteurs …

Le nouveau code du travail annoté

2 707 pages et 1,82 kilos de bonheur administratif pour 60 euros seulement.Via Olivier Vitri (@OlivierVitri)

Dans la caverne de Platon

Je ne résiste pas à vous la faire partager :« Les économistes keynésiens sont les prisonniers de la caverne de Platon : ils prennent les reflets pour la réalité, les ombres pour les objets, les vacillements de flamme pour de véritables mouvements. »C’est de Simone Wapler, rédactrice en chef des Publications Agora, sur Atlantico.fr.

L’indécence commune

En 1848, la deuxième République n’a que quelques mois mais la Révolution de 1848 et le printemps des peuples semblent déjà bien loin ; déjà, avec le Parti de l’ordre à droite et les Socialistes à gauche, une nouvelle fracture politique se dessine ; deux camps que tout oppose à l’exception d’une chose : le rôle prépondérant qu’ils veulent accorder à l’État. Frédéric Bastiat, lui-même élu [1] avec la majorité républicaine modérée de 1848, résume en une phrase le danger qui guette notre société : « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. [2] »Ce que Bastiat pressent, dès ce milieu du XIXe siècle, ce sont les prémices de notre État-providence moderne. Déjà, il a compris ce qu’il adviendrait de la solidarité entre les hommes si elle était administrée par l’État ; déjà, il dénonce les effets pervers de ces groupes de pression qui cherchent à attirer les faveurs de la puissance publique ; déjà, enfin, il anticipe la con…

Exception culturelle et moralité

Le paysage intellectuel français nous offre toute une palette de moralistes de gauche et de droite qui aiment à fustiger la perte des valeurs et le désordre moral liés, naturellement, aux politiques néolibérales qui auraient été mise en œuvre en France. Une petite perspective internationale ne faisant jamais de mal, je vous propose quelques statistiques tirées des World Value Survey sur la moralité de nos compatriotes comparée à celle d’un panel de 17 pays développés pour lesquels les données sont disponibles [1].Lorsqu’on leur demande de juger le fait de réclamer des aides sociales indues, les français sont 42% à estimer que ce n’est « jamais justifiable ». C’est le score le plus faible de notre panel de 18 pays : juste après nous, les coréens du sud sont 47% à condamner formellement cette attitude et aux Pays-Bas, de chiffre atteint 80%. De la même manière, 3,3% de nos compatriotes estiment que la triche aux aides sociales est « toujours justifiable » : seuls les sud-coréens atteign…

Squeeze de l’offre

Sur la période 2007-12, la taille du marché obligataire américain n’a augmenté que de 2,5 trillions de dollar (en dollars 2012 – i.e. ajustés de l’inflation) ; c’est le chiffre le plus bas observé depuis (au moins) la période 1980-85 (+2,7 trillions). Ce faible volume d’émissions nettes fait suite à la période 2002-07, où le marché avait cru d’un montant record de 9,9 trillions (dont 2,4 trillions de mortgages).Par type d’émetteur, la période 2007-12 se caractérise par (i) un effondrement sans précédent des émissions obligataires liées au financement immobilier (Mortgages + GSEs), des instruments monétaires et des titrisations autres que des mortgages, (ii) un volume d’émission très soutenu des entreprises et (iii) une explosion sans précédent de la dette émise par le Department of the Treasury. Entre 2007 et 2012, ce dernier a émis 5,9 trillions de dollars (en net) à comparer aux 3,3 trillions émis de 1980 à 2007.En d’autres termes et pour la première fois depuis (au moins) 1980, le …

Hyperinflations, épisodes 1 à 56

Juste une petite note pour vous signaler le travail de Steve H. Hanke et Nicholas Krus qui nous proposent, pour la première fois, la liste des 56 épisodes d’hyperinflation connus des assignats français au dollar zimbabwéen : World Hyperinflations.(Illustration : fin 1923, on ne balaye plus les feuilles mortes mais les Papiermark - #5 du classement)

Risque politique

Avec un portefeuille de bons du trésor évalué à pas moins de 1,76 trillions [1] de dollar au 6 mars 2013, la Federal Reserve détient 14,9% de la dette publique américaine hors autodétention (11,9 trillions de dollars) et s’impose, dès lors, comme le premier créancier des États-Unis d’Amérique.Cette information ne surprendra probablement personne : c’est la conséquence logique du mode opératoire de la Fed et de sa politique monétaire tout au long de la crise. Dans un premier temps, elle a racheté des obligations d’États sur le marché secondaire pour apporter des liquidités au système bancaire et donc, faire baisser le niveau des taux ; puis, cette première phase n’ayant pas produit les effets escomptés, elle a utilisé ses instruments non-conventionnels – a.k.a. Quantitative Easing, l’opération Twist etc. – pour tenter de peser directement sur le niveau des taux d’intérêt à long terme.Officiellement et en dépit de ce qu’un certain nombre de commentateurs affirment, tout ceci ne revient …

Un homme averti en vaut deux

Techniquement, si la France [1] devait décider de sortir de la zone euro et de réinstaurer un nouveau-nouveau-franc, ça ne poserait pas vraiment de difficulté insurmontable. Dans la mesure où, d’une part, la Banque de France existe toujours et où, d’autre part, le dispositif légal qui permet à l’État de nous imposer l’utilisation de sa monnaie à l’exclusion de toute autre n’a jamais cessé d’exister, remplacer l’euro par une nouvelle version du franc se résume à une simple reniement de nos promesses passées – lesquelles, surtout en politique, n’engagent que ceux qui les ont écouté. Bien sûr, l’opération comporte quelques difficultés d’ordre technique et coûterait sans doute un peu d’argent mais, mon Dieu, rien dont nous ne puissions venir à bout.En pratique, donc, l’État français pourrait très facilement décider que l’euro n’a plus cours légal en France et le remplacer par le franc avec – par exemple – une parité d’un franc français pour un euro. Au jour et à l’heure dite, vos comptes …

les créanciers d’oncle Sam

À fin décembre 2012, les principaux créanciers d’oncle Sam ($16,4 trillions de dette dont $11,6 trillions détenus par le public) sont :Avec près de 1,7 trillion à elle seule, la Federal Reserve qui, je le rappelle, reverse ses bénéfices au Trésor des États-Unis. Au cours des 5 dernières années, la Fed a augmenté sa position d’environ 925 milliards ;L’Empire du milieu suit avec 1,2 trillion – principalement des réserves de change – soit une augmentation de 725 milliards en 5 ans ;En troisième position, on trouve le Japon avec 1,1 trillion – mêmes causes, mêmes effets – soit 539 milliards de plus que fin 2007 ;Juste dernière, ce sont les particuliers américains qui, avec 1 trillion, s’adjugent la 4ème place du classement mais talonnent la Fed en termes d’achat au cours des 5 dernières années avec 834 milliards de plus (naturellement, ils paient des impôts fédéraux sur ces investissements) ;En cinquième place, on trouve les fonds d’investissement américains – i.e. les Mutual Funds – qui …

De quoi le PIB est-il la mesure ?

Pourquoi la version de base (Wi-Fi, 16 Go) du nouvel iPad d’Apple coûte-t-elle 499 dollars ? Beaucoup d’entre nous seraient sans doute tentés de répondre que c’est parce que la firme de Cupertino en a décidé ainsi ; parce qu’à ce prix, ils réalisent de confortables bénéfices sur chaque appareil vendu. Eh bien c’est assez vrai. Probablement vers la fin de l’année 2009, un peu avant la sortie du premier modèle, il a dû se tenir une réunion au sommet sous la direction de feu Steve Jobs dont l’objet était de déterminer combien pouvait bien valoir un iPad et la conclusion de cette réunion, s’était 499 dollars.Bien sûr, toutes les personnes qui ont assisté à cette réunion savaient pertinemment combien l’appareil coutait à produire et donc, à partir de quel prix et de quel volume de ventes ils gagnaient de l’argent. Mais ce n’était pas le sujet de la réunion : la question était de savoir combien ils allaient le vendre ou, en d’autres termes, combien les clients d’Apple seraient prêts à débou…

illettrisme2013.fr

Ceci est une copie d’écran du site illettrisme2013.fr (financé par vos impôts).Je suis le premier à collectionner les fautes d’orthographes mais là, sur un site officiel dédié à l’illettrisme, vous m’accorderez que la copie d’écran s’imposait.