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Articles

Affichage des articles du 2014

Les racistes ont déjà perdu

Mike Wallace : « So how do we get rid of racism?
Morgan Freeman : Stop talking about it. » [1]En théorie et même si la chose présentera sans doute quelques difficultés d’ordre technique, il possible de croiser un Mastiff et un Chihuahua et d’obtenir à la clé des chiots hybrides qui seront non seulement viables mais capables de se reproduire entre eux. Évidemment, c’est un cas extrême ; en général, on prend soin d’hybrider des races de chiens dont les gabarits sont à peu près compatibles — c’est le cas, par exemple, du Husky d’Alaska et du Pointer anglais qui permettent d’obtenir des Eurohounds. Si ces petits bricolages sont possibles, c’est tout simplement que tous les chiens au même titre que les loups et les dingos appartiennent à la même espèce, ce sont tous des Canis lupus. En gros, le chien est un loup domestiqué par l’homme — oui, même les Yorkshires — et le dingo est un chien retourné à l’état sauvage.C’est la définition la plus largement acceptée de la notion d’espèce, celle d’…

Un nouveau jeton dans le manège

« S’il n’y avait qu’un dollar à prêter et si quelqu’un désespérait de l’avoir, le taux d’intérêt serait usuraire. S’il y avait des trillions de dollars de crédit disponible mais si personne, pour une raison ou une autre, ne souhaitait les emprunter, alors les taux seraient à 0,01% comme ils le sont aujourd’hui et l’ont été ces cinq dernières années. »Cette analyse qui date déjà de quelques mois est de Bill Gross et je n’en ai pas lu de meilleure. Tout est là : le système bancaire est gorgé de liquidités et bénéficie de conditions de refinancement historiquement attractives mais, de toutes évidences, les emprunteurs potentiels — et en particulier les entreprises — ne semblent absolument pas décidés à donner suite aux injonctions de nos banquiers centraux. Non, ils ne veulent pas s’endetter. Non, ils ne veulent pas investir. Non, les dirigeants d’entreprises ne sont pas des organismes monocellulaires qui réagissent mécaniquement aux stimuli du planificateur monétaire.À titre personnel c…

Le dernier des Neandertals

Il y a environ 28 000 ans, au pied du rocher de Gibraltar, le dernier groupe de Neandertal connu s’éteignait définitivement. Ça faisait, à vrai dire, un moment que nos cousins n’étaient pas en très grande forme : on considère aujourd’hui que leur espèce avait déjà pratiquement disparu d’Europe il y a pas moins de 40 000 ans.Pourtant, Neandertal n’était ni l’imbécile pour lequel on a voulu le faire passer ni une chiffe molle. En plusieurs centaines de milliers d’années, il avait appris à fabriquer des outils et il s’était parfaitement adapté aux rigueurs climatiques d’Europe et d’Asie. Mais cette fois-ci, c’était bel et bien la fin et cette fin coïncidait avec deux évènements majeurs dans l’environnement de Neandertal. Le premier, c’est une période changements climatiques particulièrement intense qui pourraient être à l’origine de la disparition de la mégafaune — les mammouths laineux entre autres — qui composaient la base de l’alimentation de notre cousin. Le second, c’est notre arriv…

L’exil ou la servitude

De ma naissance à l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pris qu’un seul et unique engagement qui soit de nature à restreindre ma liberté de façon permanente : je me suis marié dans le but de fonder une famille. Il n’y en a aucun autre. Oh, bien sûr, il m’est arrivé de prendre des engagements auprès de mes amis ou de mes collègues de travail et, comme tout homme digne de crédit, j’ai mis un point d’honneur à respecter ma parole scrupuleusement. Mais aucune de ces promesses ne m’engageait ad vitam aeternam, pour le meilleur et pour le pire et jusqu’à ce que la mort nous sépare.Dès lors, je peux dire avec certitude que rien, absolument rien à l’exception de cet unique engagement envers ma femme et mes enfants ne m’engage moralement à abandonner ne serait-ce qu’une infime parcelle de ma liberté. Il n’y a que deux moyens d’en obtenir plus de moi : me convaincre de faire une nouvelle promesse ou me contraindre par la force.Alors oui, je suis français et j’aime mon pays. Aussi loin que notr…

La stratégie du parasite

Le socialisme, entendu comme un modèle de société fondé sur la propriété collective des moyens de production et la planification centralisée de l’économie, est mort en 1989. C’est, très symboliquement, quand le mur de Berlin s’est effondré et qu’on a pu comparer objectivement les résultats obtenus de part et d’autre du rideau de fer qu’il est devenu absolument impossible de nier l’évidence.Comme tous les partisans de l’hypothèse socialiste, Robert Heilbroner n’aura pas d’autre choix que de reconnaitre que « le capitalisme organise les affaires matérielles de l’humanité de manière plus satisfaisante que le socialisme » [1] et, incidemment, que « Mises avait raison » [2].C’est la fin du plus grand débat intellectuel du XXe siècle et il s’achève par la victoire incontestable de celui qui l’avait initié dès 1920 [3] : malgré les moyens colossaux mis en œuvre pendant près de huit décennies, malgré les contributions théoriques — souvent remarquables — de celles et ceux qui croyaient dur com…

Le sophisme du nirvana

Séparez un pays culturellement, économiquement et ethniquement homogène en deux. À l’est, mettez en place une organisation de type socialiste, à l’ouest laissez se développer un système capitaliste et au milieu construisez un mur imperméable avec barbelés, miradors et mitrailleuses. Laissez mijoter quarante ans et constatez le résultat.Bien sûr, si vous êtes socialistes, vous trouverez une foule d’excuses et d’éléments contextuels qui permettent d’expliquer l’état de délabrement de l’est et la prospérité de l’ouest. De la même manière, si nous devions répéter la même expérience en séparant le nord socialiste du sud capitaliste avec une DMZ au milieu, vous évoquerez encore la personnalité des dirigeants (il a bon dos Staline !), le temps qu’il fait, le contenu du sous-sol, l’impérialisme américain — que sais-je encore ? — bref, tout sauf la nature des régimes de chaque côté de la frontière.Si vous êtes socialiste, vous cultivez le sophisme du nirvana : vous comparez les défauts réels o…

La première victime des guerres

Si vous êtes arrivés jusqu’ici, c’est probablement après avoir lu ce tweet :Enfants syriens réfugiés au Liban parce qu’ils sont chrétiens. | http://t.co/DUp6Qg4RLIpic.twitter.com/NqNfuqimdo— Guillaume Nicoulaud (@ordrespontane) August 1, 2014Le tweet dit : « Enfants syriens réfugiés au Liban parce qu’ils sont chrétiens. »Bien sûr, nous sommes tous concernés par le sort de ces enfants. D’abord parce que — précisément — ce sont des enfants puis, parce qu’ils sont victimes d’une discrimination religieuse qui nous est insupportable et enfin parce que, disons les choses comme elles sont, ces gosses ont des gueules d’anges.Ceci étant dit, je vous invite à vous poser une simple question : qu’est-ce qui vous amène à croire que ces gamins sont syriens, chrétiens, réfugiés et que cette photo a bien été prise au Liban ? Quelle est votre source ? Moi ? Me connaissez-vous seulement ? Suis-je une source digne de confiance ? Et quand bien même, qu’est-ce qui vous prouve que je n’ai pas moi-même été …

Lève-toi et parle !

Cher musulman,Je ne suis certes pas le premier non-musulman à me fendre d’une lettre ouverte qui t’est adressée. J’en ai bien conscience et je devine que cette mode t’irrite au moins un peu. Pourtant, je te prie de bien vouloir t’armer de patience parce que ce que j’ai à te dire est vraiment important et il me semble que ça n’a pas encore été dit.Je suis un occidental. Le terme est vague et, bien sûr, recouvre un très grand nombre de réalités différentes mais il est suffisamment précis pour mon propos. Par « occidental » j’entends un de ces peuples qui, il y a quelques siècles déjà, a décidé de se défaire du pouvoir arbitraire des rois et, par la même occasion, de reléguer les religions à la stricte sphère privée. Nous avons, dit-on en terre chrétienne, séparé l’Église de l’État. C’est ce que l’on appelle communément le modèle occidental qui, à vrai dire, n’est pas plus occidental qu’oriental mais peu importe : c’est notre culture, notre manière de concevoir la vie en société, le rôle…

Protectionnisme culturel

Il faut, comme le soulignent très justement Elisabeth et Gil, rendre hommage à l’âge d’or de Montparnasse, ces années folles durant lesquelles Paris fût, l’espace d’un trop bref instant, la capitale mondiale de la culture. C’était, nous dit-on, avant que l’art ne soit rattrapé par la « mondialisation marchande », qu’il soit « délivré de tout ancrage national » et qu’il s’adapte au goût de l’élite hors-sol. C’était l’époque bénie, donc, où le génie français bien de chez nous rayonnait sur le monde des arts.Jugez du peu : durant ces années 1920, à Montparnasse, on croisait l’élite de la peinture française avec Pablo Picasso, qui fût l’un des premiers à s’y installer, mais aussi ses compatriotes Salvador Dalí, Joan Miró, Juan Gris, Pablo Gargallo ou Julio González. Avec un peu de chance, vous pouviez aussi rencontrer Ossip Zadkine, Marc Chagall, Chaïm Soutine, Michel Kikoine ou Pinchus Kremegne ; tous originaire de l’actuelle Biélorussie. Il y avait aussi des russes comme Marie Vassilief…

The hard limit to communism

“All the believers were one in heart and mind. No one claimed that any of their possessions was their own, but they shared everything they had.”
— Acts 4:32A communist society would be a community where all members agree on two basic rules: first, anybody able to work would voluntarily do its best to produce goods and services for the community and second, all members of the society would adopt a frugal lifestyle, consuming only what they really need. In such a society, private property — of the means of production and even of everything else — is pointless and you therefore don’t need markets or money. But the most important feature of communism, the key aspect that distinguish it from socialism is that such a society would be based on voluntarism. Communism is a stateless society where social cooperation is neither driven by individual interests nor by state coercion but by a common will to contribute to the well-being of the overall community.To be sure, the Soviet Union has never, …

La loi de 1973

Merci de ne pas reproduire ce papier sans mon accord.
2014-07-09 10:05 : C'est bon, vous pouvez publier.« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. »
— Article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973Les détracteurs de la loi expliquent à qui veux bien l’entendre que c’est par cet article que le gouvernement — Giscard, Pompidou — a interdit au Trésor d’emprunter de l’argent à la Banque de France et, partant, a créé les conditions de notre dette publique actuelle. Je ne reviendrai pas sur le ridicule achevé des théories du complot en général et me contenterai d’un argument factuel et documenté. En résumé, tout ce que racontent les détracteurs de cette loi est faux.Primo, cet article n’est pas d’origine gouvernementale. Il a été introduit à l’initiative du rapporteur général de la commission des finances du Sénat [1] puis rédigé dans sa forme définitive et institué comme un article à part entière lors de l’examen du projet de loi…

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Histoire ridicule

Je vais vous raconter une histoire ridicule.C’est l’histoire d’un ministre de l’économie notoirement connu pour être opposé à toute réduction de la dépense publique et être un farouche partisan des grandes politiques d’investissement public — un keynésien pour faire simple — qui décide un beau jour de créer un « conseil indépendant pour la croissance et le plein-emploi » qui devra, selon les éléments de langage du ministre, « alimenter le débat sur les politiques économiques menées ».Le conseil indépendant est composé de cinq économistes : on y trouve Jean-Paul Fitoussi qui est keynésien, Joseph Stiglitz qui est keynésien, Peter Bofinger qui est keynésien, Enrico Giovannini qui est keynésien et Philippe Martin (celui de Science-Po) qui est aussi keynésien. Très vite, le conseil publie un « avis très critique envers les politiques d’austérité en Europe » et plaide « pour une relance des investissements. »Je vous avais prévenu, cette histoire est ridicule.Évidemment, si vous mettez cinq…

La loi de 1973, shorter

Lors d’un épisode précédent, j’évoquais le prodigieux pouvoir de nuisance de l’idée selon laquelle la loi n°73-7 du 3 janvier 1973 serait à l’origine de notre dette publique. Un certain nombre de lecteurs m’ont reproché de ne pas expliquer pourquoi. Ce n’était pas directement le sujet du papier mais la question est légitime : je vais donc essayer de vous résumer ça en aussi peu de mots que possible.La théorie de ceux qui dénoncent cette loi peut se résumer comme suit : « avant, l’État se finançait gratuitement auprès de la Banque de France mais la loi de 1973, en interdisant cette pratique, l’a obligé à avoir recours aux marchés financiers. » En deux points :1 — L’État avait bel et bien une dette financière avant 1973 et la Banque de France n’en finançait qu’une partie — dont la moitié seulement était effectivement gratuite. Durant les années 1950, les concours de la banque centrale au Trésor représentaient environ 28% de la dette ; avec le retour de Charles de Gaulle et la création d…

La bonne finance

Je trouve notre ami David Desgouilles un peu dur avec ce pauvre Sapin. Oui, bien sûr, cette histoire de « bonne finance » qui serait devenue son amie prête à sourire (ou à pleurer, c’est selon) mais c’est qu’il n’est pas dans une situation facile notre ministre ! Résumons :1 — Il a déjà près de 2 000 milliards d’euros de dettes sur le dos [1]. Juste pour bien fixer les idées, ça représente à peu près un an et neuf mois de revenus de l’ensemble de nos administrations publiques.2 — Cette année et pour la quarantième année consécutive, nos gouvernants ont décidé d’exécuter un budget en déficit : 70,6 milliards d’euros qu’il va bien falloir trouver quelque part parce que sans ça, l’État ne sera tout simplement pas en mesure d’honorer ses engagements [2].3 — Rajoutez à cela les dettes anciennes que nous allons devoir rembourser cette année et ce sont 173 milliards d’euros que notre bon Sapin va devoir emprunter cette année pour boucler son budget. Une paille !4 — Sachant, naturellement, qu…

La loi de Hofstadter

Si vous avez déjà fait appel à un professionnel du bâtiment — quel que soit le corps de métier — vous avez sans doute constaté que ces gens-là ne tiennent jamais leurs délais. C’est systématique. Un chantier qui devait durer trois jours, dans le meilleurs de cas, prendra une demi-journée de plus.Peut-être avez-vous pensé qu’il y a là une démarche volontaire, que votre interlocuteur réduit sciemment son estimation pour vous inciter à signer le devis. Sur la base de mon expérience personnelle, je peux vous confirmer que ce n’est pas le cas : pendant plusieurs années, mon beau-père, qui est retraité du bâtiment, nous a aidé mon épouse et moi-même à retaper une maison et ce phénomène s’est manifesté à chaque fois. Électricité, plomberie, peinture… Quel que soit le chantier sur lequel nous nous sommes lancé, mon beau-père sous-estimait systématiquement le temps nécessaire pour arriver à nos fins.Que les choses soient claires : mon beau-père est un professionnel très expérimenté. Il a comme…

Raison et contes pour enfants

De Marine le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par Nicolas Dupont-Aignan et Alain Soral, tout ce que la scène politique hexagonale comporte d’antilibéraux primaires en a fait son cheval de bataille depuis des années : la fameuse loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France.Résumons la thèse : avant 1973, l’État n’avait pas ou peu de dette parce qu’il pouvait emprunter de l’argent gratuitement à la Banque de France — c’est-à-dire à lui-même. Or, en 1973, les banques (usual supects), avec l’aide d’un certain nombre de politiciens (pas de nom, surtout pas de nom), ont obtenu que soit voté une loi — la loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France a.k.a. « loi Pompidou-Giscard-Rothschild » — qui obligeait l’État à emprunter de l’argent sur les marchés financiers et donc à payer des intérêts. D’où la dette publique qui n’a dès lors pas d’autre origine qu’une trahison pure et simple de nos élites politiques et ce, afin d’engraisser la finance.Si vous faites partie de celles…

Le paradoxe de Bossuet

Tout va mal, très mal, et ce n’est pas prêt de s’arranger. Sur ça, au moins, il semble qu’il y ait, parmi nos concitoyens, un consensus qui frôle l’unanimité.Si vous avez le malheur de faire remarquer que ce pessimisme est une spécificité tout à fait française on vous répondra — au choix — que les enquêtes internationales qui le confirment chaque année un peu plus sont de vastes entreprises de French bashing ou, lorsque le ridicule de cet argument devient trop évident, que c’est bien là la preuve de la lucidité des français : en effet, qui peut nier que tout va mal et que ça empire à vue d’œil ?Et pourtant, lorsqu’au-delà des anecdotes et des théories on jette un œil objectif à notre monde, tout ne pas si mal. C’est même tout le contraire : nous vivons vraisemblablement en plein âge d’or, la meilleure période — à tout point de vue — qu’ai connu notre humanité. La pauvreté recule partout à vue d’œil et avec elle ces fléaux multiséculaires que sont la faim, la malnutrition et l’absence …

Grand chelem !

Si vous faites partie de ceux qui jouent avec Gérard Filoche sur Tweeter (un peu comme un chat joue avec une balle de papier), sachez que Philippe Lacour nous a tous enterré. Là, vraiment, ça va être difficile à battre.Ça a commencé par un tweet dans lequel l’inénarrable Gérard se plaint d’un long trajet en autobus entre Aurillac et Brives la Gaillarde.Mal au coeur en permanence dans le bus aurillac brives la gaillarde 3 h durant sur les routes serpentines du cantal— Gerard Filoche (@gerardfiloche) June 11, 2014Et là, coup de génie : Philippe Lacour tente le grand chelem, la face nord de l’Everest, le coup magistral dont vous ne rêviez même pas :@gerardfiloche Suffit de prendre le train... #JDCJDR— Philippe LACOUR (@__phiphou__) June 11, 2014Bingo !@__phiphou__ pas de train bus a cause greve— Gerard Filoche (@gerardfiloche) June 11, 2014Philippe, tu es notre maître à tous !

Le plan

À la mort de Staline en 1953, s’il est un constat que tous partagent, c’est l’état de délabrement catastrophique de l’appareil de planification. La méthode des balances par laquelle le Gosplan assigne des quotas de production à toute l’économie soviétique n’est pas seulement profondément dysfonctionnelle : elle mobilise aussi un appareil bureaucratique colossal à tel point que la plupart des milliers d’ingénieurs que revendique l’Union soviétique sont en réalité exclusivement absorbés par des tâches administratives. Après la tentative de décentralisation avortée de Khrouchtchev — qui n’a abouti qu’à une chute de la production accompagnée d’un quasi-triplement des effectifs bureaucratiques — et le rétablissement d’une planification strictement centralisée, le problème se posait avec plus d’acuité que jamais : il fallait faire en sorte que ça marche.Le plan parfaitPour la première fois, la théorie de la planification va prendre le pas sur la pratique et toute une génération d’économiste…

Infaillibilité collective

Cette histoire de trains trop larges rappelle furieusement les plus belles heures de l’ex-URSS et en particulier les ratés les plus mémorables du Gosplan. Scandaleux pour certains, loufoque pour la plupart, ce énième raté de la SNCF a attiré presqu’autant de foudres que de raillerie. Évidemment, personne ne s’en étonne vraiment et il est sans doute inutile de revenir encore sur les raisons profondes des dysfonctionnements de ce service public.Mais il y a un aspect de cette affaire qui m’a particulièrement frappé ces derniers jours et qui jette une lumière assez crue sur la manière dont fonctionne l’esprit de nos chers dirigeants. Je vais appeler ça le principe de l’infaillibilité collective. Il est assez simple et peut se résumer en deux règles :Règle #1 : tout succès ne saurait être que collectif et toute démarche collective ne peut être qu’un succès. Fondamentalement, la SNCF est une entreprise collectiviste au sens où la performance individuelle n’y a pas sa place, où le succès de …

Shadow capital

Question : combien vaut une rente de 1 000 euros annuels, payables dans un an et pour les 17 années suivantes, le tout assortie d’une garantie publique notée Aaa ?Une manière simple de répondre à cette question consiste à reproduire le portefeuille d’obligations d’État qui permettrait d’obtenir le même résultat. En l’occurrence et sur la base des données de la BCE (au 19 mai 2014), il vous faudra placer un total de 14 640,5 euros répartis (je vous passe les détails) sur des émissions à 1, 2, 3, … 16 et 17 ans.Maintenant, prenons le cas d’un groupe d’individus qui, en moyenne, prennent leur retraite à 65 ans, peuvent compter sur une espérance de vie de 82 ans [1] et touchent une pension garantie par l’État de 32 400 euros par an. Comme précédemment, on peut estimer la valeur actualisée de cet avantage à environ 474 353 euros. C’est-à-dire que lorsqu’un des membres de ce groupe théorique [2] part à la retraite, il reçoit sous forme de rente l’équivalent de près d’un demi-million d’euros…