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QDDPF ? Les assureurs français

QDDPF pour « qui détient la dette publique française » ? Comme évoqué précédemment, cette donnée n’existe officiellement pas et c’est un problème parce que (i) par les temps qui courent, l’information ne manque pas d’intérêt et (ii) son absence donne libre cours à l’imagination débordante des spécialistes de la théorie du complot – notamment d’extrême droite/gauche.

L’union fait la force : je vous propose donc un petit exercice collaboratif dont l’objectif est d’obtenir l’estimation la plus fiable possible.

De quoi parlons nous ?

Commençons par bien définir le périmètre du problème. La dette publique dont il est habituellement question dans les médias et le discours public, c’est la dette de l’ensemble des administrations publiques au sens de Maastricht. À la fin du second trimestre 2012, elle atteignait la modique somme de 1 832,6 milliards d’euros – soit 91% du PIB [1]. Dans son immense majorité (78%), cette dette a été contractée par l’État lui-même (budget général, comptes spéciaux du Trésor, budgets annexes) ; suivent les administrations de sécurité sociale (12%), les administrations publiques locales (9%) et, enfin, les organismes divers d’administration centrale (ODAC, comme Pôle Emploi, le CNRS, les musées nationaux…) qui pèsent moins de 1% de l’ensemble.

Dans son immense majorité, cette dette publique a été contractée via des émissions obligataires sur les marchés financiers ; les crédits bancaires ont essentiellement été contractés par des administrations locale (villes, départements, régions…), notamment auprès de Dexia. À la fin du second trimestre 2012, l’Insee évalue la dette publique émise sous forme de titres à 1 571,3 milliards d’euros – soit 86% de la dette publique totale [1]. L’écrasante majorité de ces titres de dette ont été émis par l’État ; c’est ce qu’on appelle la dette négociable de l’État [2], celle qui est émise via l’Agence France Trésor sous forme d’OAT, de BTAN ou de BTF. À la fin du mois de juin 2012, 1 394,9 euros [3] – soit 76% de la dette publique totale.

C’est à la dette négociable de l’État que je vous propose de nous intéresser.

Les assureurs (etc.) français

Je tire le premier avec la part de la dette négociable de l’État détenue par les compagnies d’assurance, mutuelles et autres organismes de prévoyance à la fin de l’an 2011 de notre ère. À cette date, la dette négociable de l’État était valorisée à 1 313 milliards d’euros [4]. Or, la Banque de France, dans sa grande bonté, nous informe [5] qu’au même moment, 14,6% des 1 765 milliards d’euros de placements des compagnies d’assurance (etc.) étaient investis sur la dette souveraine française (après transparisation des fonds d’investissement) ; soit environ 258 milliards d’euros ou 19,6% de la dette négociable de l’État.

Check : selon l’AFT [6], nos amis assureurs détenaient 22% de l’encours des OAT à la fin du second trimestre 2012 mais, selon la même source, « la proportion des acheteurs français est en général plus importante pour les OAT que pour les BTAN ou les BTF, dans la mesure où les assureurs français ont une préférence pour des maturités longues. [7] » Notre chiffre est donc parfaitement cohérent.

À votre tour ! Si vous avez des idées, n’hésitez pas à m’en faire part (mail, @ordrespontane, Facebook ou dans les commentaires ici mêmes).

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[1] Insee, Dette de Maastricht des APU, répartition par sous-secteur et par instrument.
[2] Il existe aussi une dette non-négociable qui correspond, pour l’essentiel, aux dépôts de certains organismes (comme les collectivités territoriales et les établissements publics) sur le compte du Trésor.
[3] AFT, Bulletin mensuel n°266 - Juillet 2012.
[4] AFT, Bulletin mensuel n°260 - Janvier 2012.
[5] Gaël Hauton, Omar Birouk et Alain-Nicolas Bouloux, Les placements des organismes d’assurance à fin 2011
[6] AFT, sur son site.
[7] Philippe Mills, DG de l’AFT, interviewé par Next Finance.

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