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C’est le soleil, stupide !

En 1997, Henrik Svensmark et Eigil Friis-Christensen, deux physiciens du Danish National Space Center de Copenhague, découvrent une forte corrélation entre l’épaisseur de la couverture nuageuse sur Terre et l’intensité des rayons cosmiques qui frappent notre atmosphère ; laquelle est directement influencée par l’activité magnétique du soleil. Il faut préciser ici que la couverture nuageuse est un déterminant essentiel de la température qu’il fait ici bas – si les nuages retiennent une partie de la chaleur terrestre, cet effet est plus que compensé par la réflexion du rayonnement solaire. En d’autres termes, le lien identifié par les deux danois n’est rien de moins qu’une explication possible des variations climatiques à la surface de notre planète.

L’activité magnétique du soleil ou plus précisément le flux magnétique porté par le vent solaire agit sur notre planète comme un bouclier qui nous protège des rayons cosmiques – quand le vent solaire est fort, moins de rayons cosmiques atteignent la terre et inversement. Ce phénomène naturel suit habituellement un cycle de 11 ans mais connait aussi des variations à plus long terme que nous ne savons pas encore expliquer ; typiquement, la force des vents solaires et le flux magnétique qu’ils transportent a plus que doublé au cours du dernier siècle.

Bien sûr, si, comme le suggèrent les observations de Svensmark et Friis-Christensen, il existe bel et bien un lien entre la force des vents solaires et la formation de la couverture nuageuse terrestre, le lien de causalité ne fait aucun doute dans la mesure où ce ne sont pas – de toute évidence – les nuages de notre atmosphère qui influent sur l’activité magnétique du soleil. Dans le pire des cas, la corrélation observée par les physiciens danois est donc une simple coïncidence statistique mais si ce n’est pas le cas, nous serions capables d’expliquer de manière scientifique et robuste pourquoi les températures moyennes observées à la surface de la Terre ont augmenté depuis un siècle et ce, sans que l’activité humaine ne soit en cause.

Comment exclure le rôle du hasard ? Eh bien c’est le principe même de la démarche scientifique : on cherche à expliquer le phénomène en construisant des théories et on confronte les théories aux observations. La construction d’une théorie, c’est ce à quoi Svensmark et d’autres scientifiques comme Nir Shaviv ont consacré la dernière quinzaine d’année et la confrontation aux faits, justement, elle est en cours et les résultats commencent à poser un sérieux problème au « consensus scientifique » autoproclamé qui continue à nous vendre un réchauffement climatique d’origine anthropique malgré le nombre toujours croissant de voix discordantes au sein de la communauté scientifique [1] et les sérieux doutes qu’on est en droit de formuler sur la déontologie du GIEC [2].

En effet, les résultats d’une première série de tentatives de reproductions expérimentales du phénomène – le projet SKY – avaient déjà été publiés en 2007 et avaient montré comment les radiations cosmiques peuvent provoquer la formation de nuages dans notre atmosphère. Aujourd’hui, c’est une deuxième série de test – le projet CLOUD, mené depuis 2009 par Jasper Kirkby au CERN de Genève – qui est en train, en ce moment même, de publier ses résultats. Nous ne disposons pas encore des conclusions écrites du groupe de recherche mais un article [3] publié récemment dans la Geophysical Research Letter et quelques commentaires des scientifiques participants semblent indiquer que l’influence des rayons cosmiques sur la formation de noyaux nuageux ne fait plus guère de doutes.

Voilà où nous en sommes. Le seul point faible de la théorie de Svensmark – le lien entre rayons cosmiques et formation de nuages – est en train de disparaître. Nous disposerons sans doute dans un avenir proche d’une théorie scientifique au sens le plus noble du terme – une théorie dont les prédictions peuvent être testée et, au besoin, invalidées – pour expliquer les variations du climat planétaire. Cette théorie implique que le doublement de la force des vents solaires au cours du dernier siècle a réduit l’intensité des rayons cosmiques qui frappent notre atmosphère d’environ 15% ; provoquant ainsi une réduction de la couverture nuageuse à l’échelle planétaire et donc un réchauffement climatique dont l’ampleur est tout à fait comparable à celle qui est aujourd’hui attribuée à l’émission de gaz à effet de serre d’origine humaine.

L’épisode du GIEC et de la « théorie » du réchauffement climatique d’origine anthropique pourrait bien devenir le plus gigantesque exemple de manipulation de la science et de l’opinion publique à des fins politiques. Fondé sur la prémisse selon laquelle le réchauffement climatique est d’origine humaine [4], piloté par des politiciens qui ont fait carrière en élevant une hypothèse au rang de certitude et exploité par des lobbies industriels à la recherche de subventions publiques le GIEC n’aurait alors plus aucune raison d’être au même titre que les innombrables politiques qu’il a inspiré. Si nous devions alors retenir une leçon de cette expérience c’est que dans « recherche scientifique libre » le troisième mot est redondant [5].

(Cet article doit beaucoup à celui de Vincent Bénard à qui je tire mon chapeau au passage)

---
[1] Voici à quoi ressemble le fameux « consensus scientifique »
[2] Une rétrospective du Climategate sur « Watts Up With That? ».
[3] H. Svensmark et al.Aerosol nucleation induced by a high energy particle beam (12 mai 2011).
[4] Pour mémoire, « le GIEC a pour mission d’évaluer […] les informations […] qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine » (source).
[5] Celui ou celle qui saura retrouver la source de cette phrase mérite toute mon estime.

Commentaires

  1. Au cours de ses exposés, l'un desquel j'avais placé dans les commentaires de ce même blog un lien y renvoyant, le professeur Daniel Nocera du MIT, compare le processus d'accumulation des gaz à effets de serre à celui d'un étre humain qui augmenterait chaque année sa masse corporelle de 0,2%.
    Or donc au bout de 36 ans, la masse de cette individu a doublé et en un siècle son poid a été multiplié par plus de 7...

    Alors de deux choses l'une soit on considère que les gaz à effet de serre ne sont pas nocifs est une vaste fumisterie et que ce phénomène est complètement improbable, soit on pense qu'il y a de facto effet de serre.

    Il est fort probable que les réchauffements perçus actuellement par le Giec soient de facto largement le fait de cycles solaires et uniquement marginalement dûs aux émission de GAES. Pour autant si nous partons de l'hypothèse qui semble quand mémé largement partagée, y compris par les contempteurs du Giec qu'effet de serre il y a, la question est devons nous laisser cette mauvaise "graisse" s'accumuler sans agir et accepter l'obésité inéluctable de notre atmosphère en espérant qu'un nouveau cycle solaire vienne en contrebalancer les effets ?

    Doit on, au nom de la libre entreprise ne pas soutenir des efforts gouvernementaux qui passent aussi, comme tout projet politique oû économique par une communication hardie, et laisser le hasard et la nature décider des conséquences de nos actes ?

    Là est ce me semble la vraie problématique, le reste est rêthorique, intelligente et cultivée certes, mais réthorique quand même.

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  2. A2LBD,

    « Si nous partons de l'hypothèse […] qu'effet de serre il y a »

    Effet de serre il y a et il y a toujours eut. C’est un phénomène naturel qui existe jusque sur Vénus. La question est de savoir si l’activité humaine est à l’origine d’une augmentation anormale de cet effet de serre et si cette dernière est à l’origine d’un réchauffement du climat sur Terre.

    C’est – comme vous dites – une hypothèse qui n’a, à ce jour, été validée par absolument rien d’autre qu’une corrélation entre des mesures de températures manifestement truquées (disparition de l’optimum climatique médiéval) et une augmentation de la quantité de dioxyde de carbone dans notre atmosphère (dont on ne sait pas si elle est une cause ou un effet).

    En l’absence d’une véritable théorie scientifique ; une théorie qui puisse être confrontée au faits pour être validée ou infirmée : ça restera une hypothèse.

    Maintenant, considérez ceci : quelles sont les conséquences humaines des préconisations du GIEC ? Combien de nos semblables devons nous sacrifier sur l’autel d’une simple hypothèse ?

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  3. Ben justement sur Venus la température est largement supérieure à celle constatée sur Mercure alors que la dernière est nettement plus proche du soleil que la première...vous me direz la vie est impossible sur les deux, je vous l'accorde mais de là à négliger le fait que nous conduisons peut être (j'insiste sur ce terme) notre planète à suivre la direction de sa voisine, il est un risque non négligeable.

    Les évaluations par études de carottes glacières de l'évolution du CO2 dans l'atmosphère montrent clairement que depuis le milieu du XVIII la part de ce gaz (certes encore très marginale comparée à l'azote et l'oxygène) est en croissance exponentielle.

    Donc puisqu'on admet que ce gaz provoque un effet de serre, il n'est pas à mon sens vain de tenter d'en réguler sa dissipation dans l'atmosphère.

    Je suis plutôt pour ma part les proposition du clan mené en France par Claude Allègre qui visent à inciter à l'enfouissement de ces gaz plutôt que celles voulant à tout prix contraindre à la diminution des rejets par une décroissance in-maitrisable in fine.

    Ce qui me semble certains, c'est que crier contre le GIEC me parait stérile. Il faut s'appuyer sur ses arguments pour favoriser l’émergence et la matérialisation de projets qui à terme font économiquement et écologiquement sens:
    -le développement des énergies renouvelables (qui crée des emplois)
    - l'enfouissement du CO2 (ibidem)
    - L'amélioration de techniques industrielles aux fins de ne plus dissiper l'énergie en chaleur lors du passage par exemple de l’hydrocarbure à l'électricité. Soit un renouvellement graduel mais progressif du parc des installations électrique (ibidem).

    Avec en prime de tout cela la possibilité de créer un choc démocratique dans certaines monarchies ou théocraties adossant leur pouvoir à la rente pétrolière...

    Bref, je ne vois que des avantages aux discours alarmistes tenus par le GIEC quand bien même ses recommandations me paraissent de facto extrêmement discutables !!

    Il faut en tout éviter de jeter bébé avec l'eau du bain...

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  4. A2LBD,

    Nous ne savons pas si l’augmentation de la quantité de CO2 dans l’atmosphère est une cause de l’activité humaine ou une conséquence du réchauffement climatique. Encore une fois, la littérature académique mettant en cause cette hypothèse est pléthorique : il n’y a pas, loin de là, un « consensus scientifique ». Je ne fais pas d’opposition systématique au principe de précaution sauf si les conséquences de son application sont potentiellement catastrophiques.

    C’est tout le problème : les projets que vous citez ne font pas « économiquement sens ». Ils ne créent aucune valeur et n’ont de sens que si et seulement si le réchauffement climatique d’origine anthropique est avéré. Créer des emplois ? Mais il n’y a rien de plus facile ! Utilisez la technique keynésienne : employez 1 000 types pour creuser des trous dans le désert toute la journée et embauchez 1 000 autres types pour reboucher les trous pendant la nuit. 2 000 emplois, aucune richesse créée. La seule chose que vous ayez réussit à faire c’est que vous avez ponctionné la richesse créée par une partie de la population pour la redistribuer à une autre partie de la population.

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  5. "Nous ne savons pas si l’augmentation de la quantité de CO2 dans l’atmosphère est une cause de l’activité humaine ou une conséquence du réchauffement climatique"

    non mais là vous poussez mamie dans les orties. Il y a aussi une littérature pléthorique pour nier que les attentats du 11 Septembre soit le fait d'illuminés islamistes....franchement c'est pas un argument.

    Il suffit de se reporter à de simples schémas moléculaire sur les résultats de la combustion des hydrocarbures (entre autre) pour valider sans sourciller le fait que l'activité humaine et l'utilisation massive d'énergies fossiles à un impact sur la composition en CO2 de l'atmosphère. Rien ne se perd, rien ne se crée disait Lavoisier et au niveau moléculaire, il a été plus d'une fois validé. (après au niveau du bozon, il semblerait que Dieu joue au dé...)

    Par ailleurs, si les projets que je cite font économiquement sens. La preuve réside par exemple dans la formation d'entreprises qui sont aujourd'hui bénéficiaires après avoir été pourtant fortement subventionnées initialement. Ainsi des flottes aériennes. Sans intervention étatique initialement (et hélas grâce à la guerre) il n'est pas du tout évident que nous ayons aujourd'hui des transports aériens aussi performants qu'ils le sont. Il n'est pas dit que Reagan eut pu déréguler ce secteur si auparavant il n'avait pas été mis sur les bons rails par la participation de l'état.

    Jamais un entrepreneur seul aurait pu partir ainsi à la conquête du ciel car soyons clair ce n'était qu'un vague désir chez nos ancêtres alors qu'aujourd'hui c'est une nécessité . Demandez donc à la famille Dassault si vous voulez des preuves. Et pourtant Marcel était certainement un grand entrepreneur, Serges aussi, la génération qui suit me semble moins brillante.

    Qu'il faille limiter l'emprise de l'état sur les décisions économiques de gré à gré entre entreprises et entre individus, je vous suis. Aller jusqu'à farouchement et systématiquement nier les bénéfices acquis par l'intervention de la puissance publique est un pas de trop.

    PS: quelles sont les balises HTML disponibles sur les commentaires on utilise [ ou ( ou < ?

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  6. A2LBD,
    Il sont peer-reviewed les papiers ;)
    Je dois y aller.

    Il faut utiliser les < et les >.

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  7. Ok mais en parcourant la liste je ne trouve aucun article niant que le CO2 n'est pas un gaz à effet de serre (i.e. Un gaz qui en bloquant certains rayons solaire conduit au réchauffement de la terre) ni aucun qui explique comment ces gaz pourraient disparaitre "naturellement".

    Donc je ne vois pas bien en quoi le dogme de non intervention ( que tu affectionnes ;-) ) peut représenter une solution pour l'avenir.

    Il n'y a pas là de main invisible !!!!

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