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Au cours de la construction de la crise dite des subprimes, les banques – notamment US et notamment les plus grosses – ont pris des risques (effet de levier et actifs douteux) tout à fait considérables. Il y a deux questions fondamentales derrière cette constatation : (i) comment ont-elles pu le faire sans que le marché ne les pénalise au travers de leurs coûts de financements et (ii) pourquoi l’ont-elles fait alors qu’elles risquaient, à tout moment, de faire faillite ?

Pour ce qui est du comment, il ne fait plus –en principe – de doute que les sauvetages systématiques de leurs créanciers par les états et les banques centrales sont à blâmer. Mais le pourquoi est clairement plus difficile à appréhender – sauf, bien sûr, à se satisfaire d’explications vaseuses du type « ce sont tous des imbéciles ». Après tout, on imagine mal les dirigeants d’une banque jouer la survie de leur entreprise pour augmenter leur bottom-line de 10%... Ce serait un jeu à espérance de gain négative.

Sauf si, bien sûr, les dirigeants en question se fichent éperdument de leurs actionnaires et n’espèrent rien de plus que quelques années de gros bonus avant que la banque ne parte en fumée – c'est-à-dire qu’ils ont purement et simplement escroqué leurs actionnaires et que ces derniers n’ont pas su aligner les intérêts de leurs Chief Executive Officers sur les leurs…

Un papier de Sanjai Bhagat et Brian Bolton (université du Colorado) abonde clairement dans ce sens : selon les auteurs, qui ont étudié 14 grandes institutions américaines[1] de 2000 à 2008, il y avait 30 fois plus de chance qu’un CEO vende ses titres plutôt qu’il n’en achète sur le marché et la valeur de leurs ventes était 100 fois supérieure à celles de leurs achats. En d’autres termes, les dirigeants en questions prouvaient clairement qu’ils n’avaient absolument aucune confiance à long terme dans ce qu’ils faisaient.

Sur la période 2000-08, les CEOs de ces 14 firmes ont empoché pas moins de $2 662 641 037 ($2.6 milliards) et, même si les valeurs de leurs actions ont considérablement baissé en 2008, il leur restait quand même $648 957 880 ($649 millions) à la fin de l’année ! Le très antipathique Richard Fuld, à lui seul, avait collecté $484.9 millions… Et pendant ce temps là, les actionnaires avaient perdu leurs chemises. Autre point intéressant relevé par Tyler Cowen : ce sont les CEOs des plus grosses firmes – les mêmes qui entretienne de si bonnes relations avec la Fed ou le département du trésor (sarcasme) – qui ont le plus vendu leurs actions...

Lire et relire l’excellent Gambling with Other People's Money de Russ Roberts.


Via Marginal Revolution



[1] AIG, BoA, BoNY, Bear Stearns, Citi, Countrywide, Goldman, JPM, Lehman, Mellon, ML, State Street, Morgan Stanley et Wells Fargo

Commentaires

  1. hey fat, je viens d'envoyer le lien de ton blog à mon fils qui habite aux USA - dans la ville la plus gauche des gauches (Seattle) pour éviter qu'il soit endoctriné ! Donc n'arrête pas stp !

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  2. Le lien placé chez Causeur mène directement ici. Sommes-nous bien chez Georges Kaplan, auteur d'articles brillants et, sous un pseudonyme, d'interventions souvent pertinentes, mais qui, les unes et les autres, m'agacent de temps en temps ? Me trouvé-je dans l'antre de l'ogre libéral, ennemi juré de l'État ? de l'enamouré des délocalisations chez les Chinois, lesquels, bientôt, se passeront même de la technologie étrangère, et sous-traiteront la fabrication de leurs propres produits "Aïtec” au Cambodge (la main-d'œuvre y est habile et se paie d'un bol de riz). Bref, où suis-je exactement ? Si je me trouve bien chez Georges K, qui m'irrite autant que je l'estime, je reviendrai, sinon je prierai l'hôte de vouloir bien excuser ma furtive incursion sur son domaine.

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  3. Vous êtes bien chez Georges Kaplan (qui est un leurre) a.k.a. fatback (qui est le titre d'un excellent instrumental de Link Wray).

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  4. Fort bien, Georges K., je reviendrai donc prendre des leçons d'économie, et en donner, car je veux le leurre et l'argent du leurre…

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