Accéder au contenu principal

Les limites écologiques de la croissance dans un monde qui se dématérialise

Il y a une vingtaine d’années pour être au top de l’équipement, vous aviez un téléphone mobile, un agenda électronique, un appareil photo, un caméscope, un walkman (ou un lecteur de CDs portable) auquel venait souvent s’ajouter une radio et éventuellement un dictaphone, un réveil, une calculatrice et un ordinateur grâce auquel vous pouviez consulter internet et vos e-mails. Évidemment, pour avoir tout ça, il fallait débourser pas mal d’argent et ça représentait un sacré paquet de matériel.

Aujourd’hui, le moindre smartphone fait la même chose pour beaucoup moins cher et en mieux et ce, sans compter que vous n’avez plus besoin de cassettes VHS pour sauvegarder vos films, vous n’avez plus besoin de faire développer vos photos ni de vous trimballer des films vierges, vous n’avez plus besoin de cassettes audio ni de CDs et tout votre bazar consomme beaucoup moins d’énergie.

Prenez un truc aussi simple que filmer votre petite dernière et envoyer le film à votre maman. Avant, il fallait avoir un caméscope et une VHS vierge, faire le film, emballer la cassette et envoyer ça par la poste. En quelques jours, hors périodes de grève, votre maman recevait un film de qualité médiocre et devait, bien sûr, disposer d’une télévision et d’un magnétoscope pour admirer sa petite fille. Et aujourd’hui ? Vous filmez avec votre smartphone, partagez un fichier électronique avec votre maman qui le reçoit quais-instantanément et peut, d’une simple manipulation sur son propre téléphone, envoyer le film sur son écran plat. Au-delà de l’aspect pratique et convivial, pensez à la quantité de matières premières et d’énergie économisée en moins de vingt ans.

On en fait plus, beaucoup plus, avec moins, beaucoup moins. La divine surprise, c’est que la dématérialisation de l’économie — et donc la désindustrialisation — c’est aussi un immense progrès écologique : on produit de plus en plus de services utiles en consommant de moins en moins de matières premières et d’énergie. Considérations à classer au dossier limites écologiques de la croissance.

Commentaires

  1. Ce qui montre que contrairement à ce que nous affirment avec force de nombreux écologistes très sérieux (en apparence) une développement infini est réellement possible dans un monde fini...

    RépondreSupprimer
  2. Ce qui montre que contrairement à ce que nous affirment avec force de nombreux écologistes très sérieux (en apparence) une développement infini est réellement possible dans un monde fini...

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Les prix « avant l’euro »

(J’ai l’intention de compléter cet article au fur et à mesure. Si vous avez des prix à proposer (avec des sources crédibles), n’hésitez pas à le me suggérer dans les commentaires.)L’euro a été introduit en deux temps. La première étape a eu lieu le 1er janvier 1999 à minuit, quand le taux de change irrévocable des différentes monnaies nationales par rapport à l’euro a été fixé définitivement — soit, pour ce qui nous concerne, 1 euro = 6.55957 francs. La seconde étape, l’introduction des pièces et billets en euro, s’est étalée sur un mois et demi : du 1er janvier 2002 au 17 février 2002 ; date à laquelle les espèces en franc ont été privées du cours légal [1] — c’est-à-dire qu’il était interdit de les utiliser ou de les accepter en règlement d’une transaction.SalairesÀ compter du 1er juillet 2000, le SMIC horaire brut était fixé à 42.02 francs soit, pour avec une durée légale du travail de 39 heures par semaine (169 heures par mois), 7 101.38 francs bruts par mois. Le 1er juillet 2001,…

Comment j’ai déprogrammé l’obsolescence

C’est arrivé ce matin. Notre lave-vaisselle familial, que nous avions programmé pour tourner la nuit dernière, n’avait pas fonctionné. Mon épouse, étonnée par cette inhabituelle défaillance, a essayé de le relancer : rien à faire, le bestiau ne fonctionnait plus. Dépités, nous convînmes donc, ma dulcinée et moi-même, qu’il était temps de lui trouver un remplaçant. Cette fois ci, nous disions nous pas plus tard que ce matin, nous n’achèterons pas la première camelote venue à 300 euros : rendez-vous fût pris en début de soirée pour faire l’acquisition d’une bête de course qui, nous l’espérions, durerait vingt ans, comme celle de belle-maman.Dans les entrailles de la bêteMais la journée avançant, cette histoire ne sortait pas de ma tête. Le lave-vaisselle en question, nous l’avions tout de même acheté il y a à peine plus de trois ans : ce n’est pas Dieu possible que ce machin, même s’il ne nous avait objectivement pas coûté grand-chose, nous lâche aussi vite. Si ça se trouve, me disais-j…