Accéder au contenu principal

Le top 10% des plus grosses fortunes françaises.

Il a deux façons de mesurer la richesse d’un individu ou d’un foyer : raisonner en termes de revenus (les flux) ou en termes de patrimoine (le stock). Le patrimoine est la valeur estimée de l’ensemble des biens possédés par un foyer — immobilier, épargne etc. — moins l’ensemble de ses dettes. Par exemple, si vous pensez que votre résidence principale vaut 300 000 euros mais que vous devez encore 200 000 euros à la banque, votre patrimoine immobilier ne vaut « que » 100 000 euros.

Ceci étant posé, voici les résultats de mon petit quiz sur Twitter :

La bonne réponse, sur la base des données de l’observatoire des inégalités [1], c’est effectivement environ 370 000 euros : c’est à partir de ce seuil qu'on rentre dans le club des 10% des français les plus riches en termes de patrimoine. Sur 181 participants, vous êtes 65 (36%) à avoir répondu correctement mais vous êtes 116 (64%) à surestimer ce seuil dont 54 (30%) à l'imaginer plus deux fois plus élevé qu'il l'est réellement.

Pour information, à 580 000 euros de patrimoine vous êtes plus riche que 94% de la population (vous êtes dans le top 6%), avec 940 000 euros vous êtes dans le top 4% et avec 1 230 000 euros vous appartenez aux 3% les plus fortunés d'entre nous. Le seuil du fameux 1% est aux alentours de 1.9 million d'euros.

Notez que, d’une part, ces chiffres souffrent nécessairement d’une certaine imprécision (on ne saura pas vraiment ce que vaut votre maison tant que vous ne l’aurez pas vendue) et que, d’autre part, ils ne tiennent compte ni de ce que j’appelle — faute de mieux — le patrimoine officieux (vos droits sur le système de retraite [2]) ni du capital humain ; c’est-à-dire de la capacité des uns et des autres à générer des revenus futurs [3]. Hélas, ces données n'existent pas (à ma connaissance) et c’est à cette définition du patrimoine que se réfère notre personnel politique dès lors qu’il est question de distinguer les riches des moins riches.

Donc, si l’on, admet qu’appartenir au top 10% des plus grosses fortunes françaises fait de vous un « riche », vous êtes riche si votre patrimoine excède 370 000 euros. Je laisse à chacun le soin d’avertir ses parents.

---
[1] Qui sont en fait celles de Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, Pour une révolution foscale (2011).
[2] Une rente annuelle de 1 euro versée pendant 30 ans à compter de l’année prochaine vaut environ 26.84 euros.
[3] Sauf si vous pensez qu’un jeune diplômé de Harvard est réellement plus pauvre qu’un réfugié syrien.

Commentaires

  1. La plupart des riches viennent des classes moyennes. http://fr.irefeurope.org/77-des-riches-proviennent-des-classes-moyennes-ou-pauvres,a4133

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Pro Macron - lettre ouverte à mes amis libéraux

Pardon pour cette platitude mais le succès d’Emmanuel Macron c’est avant tout l’expression d’un désir de renouvellement de notre classe politique. Je ne crois pas, si vous me permettez cette hypothèse personnelle, que la plupart de ses électeurs aient voté pour son programme et je suis même convaincu que très peu l’ont lu. Emmanuel Macron est avant tout l’incarnation de ce que nombre de nos concitoyens attendent : une nouvelle tête — un candidat dont les débuts en politiques n’ont pas été photographiés en noir et blanc [1] — et, à tort ou à raison, une rupture avec le système politique hérité de la Libération.Et c’est précisément ça qui a, je crois, tué la candidature de François Fillon. Face à Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, lors de la primaire, il pouvait aisément passer pour le candidat du renouvellement de la droite et ce, d’autant plus qu’il tenait à l’époque un discours très libéral au regard de ce à quoi nous sommes habitués de la part des Républicains [2]. Seulement voilà : no…

Les Chicago Boys, Milton Friedman et Augusto Pinochet

Cinq Chicago Boys vers 1957
(dont Sergio de Castro, à droite)Tout commence en 1955. Nous sommes alors en pleine guerre froide et les deux grands blocs — l’URSS et les États-Unis — se livrent une lutte sans merci pour accroître leurs zones d’influences respectives. Dans la longue liste des terrains d’affrontement, l’Amérique Latine figure en bonne place et le Chili n’échappe pas à cette règle. La situation chilienne, du point de vue américain, est particulièrement inquiétante : la gauche y vire marxiste, le reste du spectre politique est divisé et les politiques populistes du général-président Carlos Ibáñez ne laissent rien présager de bon. À Washington, on cherche donc à restaurer l’influence des États-Unis dans la région.C’est dans ce contexte qu’en juin 1955, Theodore Schultz, Earl Hamilton, Arnold Harberger et Simon Rottenberg, tous représentants de l’Université de Chicago, débarquent à Santiago pour y signer un accord avec l’Université Pontificale Catholique du Chili. L’objet de l’…