Accéder au contenu principal

Yahoo!, causes et effets

Ça y est : j’ai reçu, moi aussi, ce mail de Yahoo! qui annonce la réorganisation de ses activités en Europe. Marissa Mayer considère manifestement que le modèle éclaté qu’avait privilégié la firme de Sunnyvale jusqu’ici coûte trop cher et elle a donc décidé que toutes les activités de Yahoo! pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen Orient seraient désormais centralisées à un seul endroit. Et cet endroit c’est l’Irlande.

Il y a donc deux choses : d’abord, la volonté de Mme Mayer de rationaliser le structure de l’entreprise qui, s’agissant d’un prestataire de services sur internet, relève à mon humble avis du bon sens. Ensuite, il y a le choix de l’Irlande qui n’a bien sûr rien à voir avec la bière et les moutons.

Quelqu’un se demande-t-il sérieusement pourquoi ils ont choisi Dublin ?

Retournons le couteau dans la plaie : (i) parce que l’environnement fiscal y est nettement plus attractif (la corporation tax irlandaise varie de 10 à 25% des profits), (ii) parce que l’environnement règlementaire y est plus simple, plus stable et beaucoup moins couteux et (iii) parce qu’enfin nos amis irlandais ont compris depuis bien longtemps que pour attirer de l’activité économique sur leur île il fallait déjà commencer par ne pas la faire fuir.

Sur quelle sorte de miracle de la nature comptiez-vous pour espérer qu’une entreprise comme Yahoo! décide de centraliser ses activités en France ? Pensiez-vous qu’ils viendraient pour le plaisir de payer les taxes, impôts, charges et autres prélèvements obligatoires parmi les plus élevés d’Europe ? Est-ce en notre inflation législative ou notre administration tentaculaire que vous placiez vos espoirs ? Avez-vous cru que la présence d’un Arnaud Montebourg en liberté — souvenez-vous de Dailymotion — était de nature à séduire Mme Mayer ?

Et maintenant que c’est fait, qu’allez-vous faire ? Augmenter encore un peu les impôts ? Voter une nouvelle bordée de lois ? Envoyer Montebourg installer des barbelés au frontières pour empêcher Yahoo! de passer ?

« Dieu, écrivait Bossuet, se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »

Commentaires

  1. A mon avis les irlandais étaient encore paysans ou éleveurs il n'y a pas si longtemps, ils en on gardé un fond de sagesse paysanne millénaire: on n'attrape pas des mouches avec du vinaigre. Evidemment la sagesse sophistiquée qu'on apprend a l'ENA ne s'arrête pas a des considérations aussi triviales. C'est vraiment dommage que de voir que dans la guerre de la sagesse c'est le paysan, ou l'épicière ou encore l'histrion qui gagnent.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Robert Marchenoir16/02/2014 06:07

      Peuples libéraux :

      Suisses : paysans et soldats.
      Américains : cultivateurs et cow-boys.

      Peuple socialiste :

      Français : écrivains, communistes et énarques.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Comment j’ai déprogrammé l’obsolescence

C’est arrivé ce matin. Notre lave-vaisselle familial, que nous avions programmé pour tourner la nuit dernière, n’avait pas fonctionné. Mon épouse, étonnée par cette inhabituelle défaillance, a essayé de le relancer : rien à faire, le bestiau ne fonctionnait plus. Dépités, nous convînmes donc, ma dulcinée et moi-même, qu’il était temps de lui trouver un remplaçant. Cette fois ci, nous disions nous pas plus tard que ce matin, nous n’achèterons pas la première camelote venue à 300 euros : rendez-vous fût pris en début de soirée pour faire l’acquisition d’une bête de course qui, nous l’espérions, durerait vingt ans, comme celle de belle-maman.Dans les entrailles de la bêteMais la journée avançant, cette histoire ne sortait pas de ma tête. Le lave-vaisselle en question, nous l’avions tout de même acheté il y a à peine plus de trois ans : ce n’est pas Dieu possible que ce machin, même s’il ne nous avait objectivement pas coûté grand-chose, nous lâche aussi vite. Si ça se trouve, me disais-j…

Les prix « avant l’euro »

(J’ai l’intention de compléter cet article au fur et à mesure. Si vous avez des prix à proposer (avec des sources crédibles), n’hésitez pas à le me suggérer dans les commentaires.)L’euro a été introduit en deux temps. La première étape a eu lieu le 1er janvier 1999 à minuit, quand le taux de change irrévocable des différentes monnaies nationales par rapport à l’euro a été fixé définitivement — soit, pour ce qui nous concerne, 1 euro = 6.55957 francs. La seconde étape, l’introduction des pièces et billets en euro, s’est étalée sur un mois et demi : du 1er janvier 2002 au 17 février 2002 ; date à laquelle les espèces en franc ont été privées du cours légal [1] — c’est-à-dire qu’il était interdit de les utiliser ou de les accepter en règlement d’une transaction.SalairesÀ compter du 1er juillet 2000, le SMIC horaire brut était fixé à 42.02 francs soit, pour avec une durée légale du travail de 39 heures par semaine (169 heures par mois), 7 101.38 francs bruts par mois. Le 1er juillet 2001,…