Accéder au contenu principal

R

En 2010, Carmen M. Reinhart, professeur d’économie au sein de l’Université du Maryland, et Kenneth S. Rogoff, professeur à Harvard et ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, publiaient un papier — Growth in a time of debt — dans lequel les auteurs analysaient les relations empiriques entre dette publique et croissance économique. Cette étude a connu une publicité considérable dans le monde académique et il semble que ses conclusions aient influencé jusqu’aux politiques budgétaires d’un certain nombre d’États.

Trois ans plus tard, Thomas Herndon, un étudiant en économie de l’Université du Massachusetts qui tentait de reproduire les résultats de cette étude s’étonnait de ne pas y parvenir malgré ses efforts répétés. En désespoir de cause, il fît par de son échec à ses professeurs qui, après vérification, réalisèrent que c’étaient les résultats de Reinhart & Rogoff qui étaient faux : ils avaient réalisé toutes leurs analyses sous Excel et avaient simplement oublié d’inclure un certain nombre de données dans des calculs de moyennes.

Au-delà de l’encre qu’elle a fait couler quant à la robustesse des résultats de R&R, cette affaire met en lumière un fait majeur : un nombre appréciable de chercheurs et d’opérationnels, dans des domaines aussi variés que les sciences sociales, la finance de marché ou l’actuariat, réalisent leurs calculs à l’aide d’outils totalement inadaptés parce qu’ils ne savent tout simplement pas coder.

Dans toutes les activités qui requièrent un usage fréquent des statistiques, de travaux de modélisation ou de simulation, apprendre à programmer est sans doute un des investissements les plus profitables qui soient. D’abord parce que le coût d’acquisition — en temps et en efforts — de cette compétence est infiniment moindre que ce que la plupart des néophytes pensent. Ensuite, parce que tout au long d’une carrière professionnelle, ce savoir-faire permet de gagner un temps considérable et de réduire drastiquement les risques d’erreurs.

Parmi tous les langages disponibles, R offre le triple avantage d’être extrêmement puissant (robustesse et polyvalence), très facile à utiliser et entièrement gratuit (licence GNU GPL). Par ailleurs, une étude menée en 2011 par Rexer Analytics concluait que c’est désormais le langage de programmation le plus répandu au sein des entreprises comme dans le monde académique.

Incidemment, c’est le langage qu’a utilisé Thomas Herndon pour reproduire les calculs de Reinhart & Rogoff.

---

Je suis en train de préparer une petite formation pour apprendre à de parfaits débutants à maîtriser les bases de la programmation sous R en un rien de temps. Si vous êtes intéressés, je vous propose un deal très honnête :

1 — Je vous forme gratuitement ;
2 — Vous m’aider à améliorer les supports.

Si vous êtes intéressés, écrivez à :
monprénom[point]monnom[at]gmail[point]com

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Les comités Théodule

Le Comité Stratégique au Calcul Intensif, le Haut Conseil de l’Éducation Artistique et Culturelle, l’Observatoire des Jeux, la Grande Commission Nautique, la Conférence de la Ruralité, le Groupe Interministériel des Normes… L’imagination de nos dirigeants en matière de comités Théodule ne semble connaitre aucune limite.Grâce à quatre courageuses et courageux (un grand merci à Delphine, Ugo, Clément et Caroline qui nous a fourni un fichier de contrôle très utile), nous disposons maintenant d’un fichier exploitable conçu sur la base des données trouvées en annexe du PLF 2016 (le « jaune ») pour les années 2012, 2013 et 2014 (les coûts sont donnés en milliers d'euros).Au total, nous avons donc 504 comités, conseils, observatoires, commissions, conférences et autres groupes interministériels — ci-après « instances ». Certaines ont disparu depuis, d’autres sont de création très récente mais ça donne un ordre de grandeur. Ces instances occupent, plus ou moins, un maximum de 19 890 memb…

Logement social de luxe

Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris en charge du logement depuis avril 2014 annonçait ce 27 février qu’il s’apprêtait à inaugurer de nouveaux logements sociaux situés avenue du Coq, dans le 9ème arrondissement de Paris.L’élu communiste ayant eu l’excellente idée de joindre quelques photos, ce tweet a piqué ma curiosité : je me suis toujours demandé à quoi pouvait ressembler les logements sociaux de la capitale.Je vous laisse découvrir ça :Je ne sais pas ce que vous en pensez mais, de mon point de vue, c’est plutôt pas trop mal. On est quand même dans un bel immeuble haussmannien en pierre de taille, les parties communes relèvent clairement de la prestation haut-de-gamme et les logements eux-mêmes, manifestement refaits à neuf, n’ont pas grand-chose à voir avec l’idée que je me faisais d’un logement social.Clairement, je crois que cette série de photo aurait été tout à fait à sa place dans la vitrine d’une agence immobilière de luxe.Mais ça n’est pas fini. Il se trouve que l…