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Babel

« Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
« Après avoir quitté l’est, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinear et s’y installèrent. Ils se dirent l’un à l’autre :
« Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu ! »
La brique leur servit de pierre, et le bitume de ciment. Ils dirent encore :
« Allons ! Construisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre. »
L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que construisaient les hommes, et il dit :
« Les voici qui forment un seul peuple et ont tous une même langue, et voilà ce qu’ils ont entrepris ! Maintenant, rien ne les retiendra de faire tout ce qu’ils ont projeté. Allons ! Descendons et là brouillons leur langage afin qu’ils ne se comprennent plus mutuellement. »
L’Éternel les dispersa loin de là sur toute la surface de la terre. Alors ils arrêtèrent de construire la ville. C’est pourquoi on l’appela Babel : parce que c’est là que l’Éternel brouilla le langage de toute la terre et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre. »

— Genèse 11,1-9

Au risque de déplaire à יְהוָה, cette ville - ou plutôt cette Cité - j'ai bien envie de la construire. Peu me chaut que la grande ziggourat touche le ciel, ce qui m’importe plus que tout, c’est qu’il soit possible, un jour et quelque part, de construire cette Babel ; cette cité des hommes où tous, parlant une même langue et plaçant derrière chaque mot le même concept, parviendront à s'entendre et à vivre enfin en hommes libres.

Nos briques, celles que nous ferons cuire au feu et qui permettront de construire la cité sont de simples mots qui doivent tous renvoyer à des concepts aussi précis que possible : « une seule langue et les mêmes mots. »

Je vais donc initier ici une rubrique dont le seul et unique objet sera de définir les mots que j’utilise, au sens où je les utilise. Je ne prétends pas à l’universalité ni à l’omniscience : ce sont, mêmes si elles s’inspirent de quelques siècles d’érudition, mes définitions et vous êtes tout à fait libre de ne pas les partager ; au moins, ce préalable étant dument posé, ne pourrez-vous pas me reprocher de jouer sur les mots.

Vos remarques et suggestion sont les bienvenues.

Je vais appeler ça #Babel.

---
Addendum (17 février 2014) : le tag #Babel dans un de mes textes signifie : « je sais parfaitement qu’il existe d’autres définitions et que presque personne ne s’entend sur la signification de ce mot : je donne ici ma définition, celle qui me semble la plus juste ; libre à vous de pinailler et de jouer sur les mots mais sachez que tout argument en ce sens n’a aucune incidence sur mon raisonnement.

Commentaires

  1. facile :
    première définition : Libéralisme,
    seconde : capitalisme de connivence,
    Deux définitions qui n'ont rien à voir et qui sont pourtant systématiquement confondues.
    Marché,
    Mondialisation,
    Loi du plus fort (loi de la jungle),
    Générosité,
    Entre aide,
    Justice,
    Etat de droit.
    Liberté, égalité, Fraternité

    Désolé pour l'avalanche, mais je n'ai pas pu me retenir tant ces concepts me paraissent trop souvent bafoués.
    Mais je ne vous en demande pas tant, une seule définition rétablie me remplirait déjà de joie. Pour le reste wikibéral est mon ami.

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  2. Babel est une illusion. Un fantasme. Il est impossible que les mots représentent les mêmes concepts partout. Cela tient à la structure même du langage qui ne peut jamais être complet. Si cela était il ne serait pas possible de penser. Penser étant l'exploitation du non-dit inhérent au langage, créant ainsi de nouveaux concepts et mots associés. De même par analogie pour les sociétés humaines qui jamais n'ont été et ne seront jamais des troupeaux. Les langues sont des créations des sociétés et il est impossible d'avoir tous la même langue comme la même société. Si ce n'est avec des robots. Accepteriez vous d'être un robot? Non. Donc il y a société. Passez à autre chose.

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