Accéder au contenu principal

New Deal x 1,7

Nos amis keynésiens ont grandi et vivent encore aujourd’hui dans le mythe du New Deal de Franklin Roosevelt – sensément la plus formidable mise en œuvre des idées de Keynes (après la seconde guerre mondiale). Ainsi, nous disent-ils, si ça ne marche pas cette fois-ci, c’est parce que l’administration Obama n’en a pas fait assez. À la limite, pour Paul Krugman et ses amis, ce que Barack Obama a fait depuis son entrée en fonction, c’est presque de l’austérité.

Juste pour le plaisir des yeux, je vous propose une petite infographie :

Mesurée en dollars de 2012, la timide relance de M. Obama, c’est presque 28 fois le New Deal : de 2009 à 2014 (les données de 20013/14 sont des estimations), il a cumulé un déficit budgétaire de 7 020 milliards de dollars tandis que, sur les six années du New Deal, Roosevelt (et Hoover) ont à peine dépassé les 251 milliards.

Bien sûr, me direz-vous à juste titre, l’économie américaine d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celle de 1930 ; il convient de mesurer le déficit budgétaire en pourcentage du PIB de l’époque. C’est ce qu’illustrent mes histogrammes : mesurée de cette manière la relance de l’administration Obama c’est 1,7 fois le New Deal – un déficit budgétaire de 7,4% en moyenne contre 4,3% dans les années 1930.

Commentaires

  1. Oui, mais ce que nos amis keynésiens taise le plus souvent, c’est que le New Deal est une bien pâle réussite comparée aux succès flamboyants de l’application de cette politique économique en Europe.
    En effet, quels plus beaux modèles de réussite d’une relance keynésienne que l’Allemagne et l’Italie des années 30 ?
    Eux avaient bien pigé que pour éviter que la relance ne profite surtout aux autres, il fallait fermer les frontières.
    Eux avaient bien senti qu’il fallait s’acoquiner avec les grands industriels et financiers de l’époque : leur intérêt bien compris permet un redressement productif tout en connivence.
    Et puis, si l’incitation par l’intérêt personnel ne fonctionne pas (tel ou tel peut avoir des principes moraux, après tout), un Etat fort et bien coercitif (via quelques milices équipés de longs couteaux) permet de remettre dans le droit chemin ceux qui seraient tentés de faire autrement que prévu, ou pire, de faire leurs valises.

    RépondreSupprimer
  2. As tu calculer l'impact de ces relances ?? En comparant le déficit!! Sa à pourtant l'air de perdre plus de point que en 1937.

    RépondreSupprimer
  3. Ils ont au moins essayé d'adresser le manque de liquidité, c'était inévitable. Mais on voit surtout que c'est le levier budgétaire qui ne fonctionne pas, par opposition au levier monétaire. Autrement dit Milton Friedman, une fois de plus, a raison.

    RépondreSupprimer
  4. le new deal est un échec. lisez « Crise, Dépression, New Deal, Guerre » de Florin Aftalion. ce qui a relancé l'économie américaine c'est la seconde guerre mondiale. http://www.institutcoppet.org/2011/07/29/lionel-robbins-la-grande-depression-1934/
    http://www.institutcoppet.org/2014/08/11/murray-rothbard-depressions-economiques-ebook/
    Plus de détails sur les politiques de Roosevelet (et hoover avant lui) :
    http://www.objectifliberte.fr/2008/10/new-deal-2.html En guise de complément, une tres bonne video de 10 min de Thomas DiLorenzo : The FRD Myth
    http://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_DiLorenzo
    video: http://www.youtube.com/watch?v=M6GOkL5oYGQ Une remarquable explication du New Deal: http://www.youtube.com/watch?v=v0P7ozkCE_w http://www.wikiberal.org/wiki/New_Deal Personnellement, je ne saurais trop recommander de lire cet article :
    http://mises.org/daily/4039/Dangerous-Lessons-of-1937 On ne retient de la crise de 1929 que le Glass Steagall Act. Pourquoi. Pourquoi certains faits sont-ils occultés, d’autres mis en avant? Sur ce sujet:
    http://economie-analyses-actualites-opinions.over-blog.com/article-crise-ce-qu-on-nous-dit-et-ce-qu-on-ne-nous-dit-pas-88244497.html

    RépondreSupprimer
  5. il y a aussi cet article (en deux partie) très intéressant: http://www.quebecoislibre.org/07/070114-2.htm
    http://www.quebecoislibre.org/07/070121-2.htm

    http://www.contrepoints.org/2012/09/19/97655-grande-depression-new-deal

    il y a aussi cet article : http://www.contrepoints.org/2012/03/19/73709-la-vraie-lecon-des-annees-30-vive-la-rigueur-budgetaire

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Les prix « avant l’euro »

(J’ai l’intention de compléter cet article au fur et à mesure. Si vous avez des prix à proposer (avec des sources crédibles), n’hésitez pas à le me suggérer dans les commentaires.)L’euro a été introduit en deux temps. La première étape a eu lieu le 1er janvier 1999 à minuit, quand le taux de change irrévocable des différentes monnaies nationales par rapport à l’euro a été fixé définitivement — soit, pour ce qui nous concerne, 1 euro = 6.55957 francs. La seconde étape, l’introduction des pièces et billets en euro, s’est étalée sur un mois et demi : du 1er janvier 2002 au 17 février 2002 ; date à laquelle les espèces en franc ont été privées du cours légal [1] — c’est-à-dire qu’il était interdit de les utiliser ou de les accepter en règlement d’une transaction.SalairesÀ compter du 1er juillet 2000, le SMIC horaire brut était fixé à 42.02 francs soit, pour avec une durée légale du travail de 39 heures par semaine (169 heures par mois), 7 101.38 francs bruts par mois. Le 1er juillet 2001,…

Le marché des actions US est-il si cher que ça ?

Avec un Price-to-Earnings Ratio (cours sur bénéfices nets) désormais nettement supérieur à 20, le marché des actions américaines apparaît désormais très cher et même, selon nombre de commentateurs, trop chers. Cela fait plusieurs mois que le mot en B (« bulle ») a été prononcé [1] et force est de reconnaître que, sur la seule base de ce ratio, c’est effectivement le cas. Néanmoins, un rapide retour sur la théorie de la valorisation donne un éclairage tout à fait différent.Si le PER est un ratio très couramment utilisé sur les marchés, les chercheurs qui s’intéressent à la valorisation des actions utilisent plus volontiers son inverse : le Earnings Yield. En notant $E$ le niveau actuel des bénéfices nets et $P$ le prix du marché, le Earnings Yield s’écrit simplement : $$\frac{E}{P} $$ C’est donc la même mesure mais exprimée sous forme de taux plutôt que de ratio. Si nous utilisons plus volontiers cette présentation c’est que, contrairement au PER, elle a une signification très précis…