Accéder au contenu principal

Bloc note : la dette publique française

Un petit point sur la dette publique française à fin septembre 2011 (pour l’homogénéité des informations).

À la fin du 3ème trimestre 2011, la dette publique française atteignait 1 688,9 milliards d’euros [1] – soit 85,3% du PIB. L’immense majorité de cette dette (1 330,7 milliards d’euros, soit 78,8% du total) a été contractée par l’État lui-même ; le solde (358,2 milliards d’euros, 21,2%) constitue la dette des administrations de sécurité sociale, des administrations publiques locales et d’autres organismes divers d'administration centrale. La dette négociable de l’État français – c'est-à-dire celle qui a été vendue sous forme d’obligations (OAT, BTAN ou BTF) sur les marchés financiers – s’élevait à 1 307,5 milliards d’euros [2] – soit la quasi-totalité (98%) de la dette de l’État et 77,4% de la dette publique totale.

Environ 862 milliards d’euros de cette dette négociable de l’État (65,9%) était détenue par des non-résidents [3]. Au total, si l’on suppose que les autres administrations publiques ne se sont endettées qu’auprès d’investisseurs résidents, c’est donc une bonne moitié (51%) de la dette publique française qui est détenue par des non-résidents [4].

Les OAT (obligations assimilables du Trésor) constituent la forme privilégiée de financement à long terme de l’État français. Au 30 septembre 2011, elles représentait 881 milliards d’euros (67,4% de la dette négociable de l’État ; 52,2% de la dette publique totale) ; 43% de ce montant étaient détenus par des investisseurs résidents dont 22% par des compagnies d’assurance, 14% par des banques et 2% par des fonds d’investissement (OPCVM) [5].

À la même date, les titres indexés sur l’inflation (OATI) représentaient 162 milliards d’euros (12,4% de la dette négociable de l’État ; 9,6% de la dette publique totale).

---
[1] Source : Insee. Par « dette publique », on entend la dette consolidée des administrations publiques (administration publique centrale, administrations publiques locales et administrations de sécurité sociale) au sens de Maastricht.
[2] Source : Agence France Trésor à fin septembre 2001. Exactement 1 307 504 808 589 euros avec une durée de vie moyenne de 7 ans et 64 jours.
[3] Source : Agence France Trésor à fin septembre 2011.
[4] On notera que « non-résidents » ne signifie pas nécessairement « étrangers » de la même manière que les résidents peuvent tout à fait ne pas être français.
[5] Source : Agence France Trésor à fin septembre 2011.

Commentaires

  1. On a des titres indexés sur l'inflation, pourquoi pas, on aurait aussi bien pu les indexer sur le franc suisse ou sur l'or! Le pire n'est pas toujours sur.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Les prix « avant l’euro »

(J’ai l’intention de compléter cet article au fur et à mesure. Si vous avez des prix à proposer (avec des sources crédibles), n’hésitez pas à le me suggérer dans les commentaires.)L’euro a été introduit en deux temps. La première étape a eu lieu le 1er janvier 1999 à minuit, quand le taux de change irrévocable des différentes monnaies nationales par rapport à l’euro a été fixé définitivement — soit, pour ce qui nous concerne, 1 euro = 6.55957 francs. La seconde étape, l’introduction des pièces et billets en euro, s’est étalée sur un mois et demi : du 1er janvier 2002 au 17 février 2002 ; date à laquelle les espèces en franc ont été privées du cours légal [1] — c’est-à-dire qu’il était interdit de les utiliser ou de les accepter en règlement d’une transaction.SalairesÀ compter du 1er juillet 2000, le SMIC horaire brut était fixé à 42.02 francs soit, pour avec une durée légale du travail de 39 heures par semaine (169 heures par mois), 7 101.38 francs bruts par mois. Le 1er juillet 2001,…

Le marché des actions US est-il si cher que ça ?

Avec un Price-to-Earnings Ratio (cours sur bénéfices nets) désormais nettement supérieur à 20, le marché des actions américaines apparaît désormais très cher et même, selon nombre de commentateurs, trop chers. Cela fait plusieurs mois que le mot en B (« bulle ») a été prononcé [1] et force est de reconnaître que, sur la seule base de ce ratio, c’est effectivement le cas. Néanmoins, un rapide retour sur la théorie de la valorisation donne un éclairage tout à fait différent.Si le PER est un ratio très couramment utilisé sur les marchés, les chercheurs qui s’intéressent à la valorisation des actions utilisent plus volontiers son inverse : le Earnings Yield. En notant $E$ le niveau actuel des bénéfices nets et $P$ le prix du marché, le Earnings Yield s’écrit simplement : $$\frac{E}{P} $$ C’est donc la même mesure mais exprimée sous forme de taux plutôt que de ratio. Si nous utilisons plus volontiers cette présentation c’est que, contrairement au PER, elle a une signification très précis…