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Alea moral, édition landesbanks

Hier, mercredi 16 novembre 2001, Moody’s a publié un rapport dans lequel l’agence dégrade la dette senior de 10 landesbanks et filiales de landesbanks (communiqué de presse). Seules WestLB et Landesbank Berlin échappent à la dégradation ; DekaBank Deutsche Girozentrale (DekaBank) perd 1 notch ; 3 institutions perdent 2 notches et 6 banques sont dégradées de 3 notches.

NomDeANotches
DekaBankAa2Aa3-1
HelabaAa2A1-2
SaarLBA1A3-2
HSHA3Baa3-2
BayernLBA1Baa1-3
Deutsche HypoA1Baa1-3
LBBWAa2A2-3
NORD/LBAa2A2-3
NLBLAa3A3-3
BremerLBAa2A2-3

Les landesbanks sont une spécificité allemande ; ce sont des banques publiques, majoritairement détenues par leurs länders respectifs. Après Dexia, celles et ceux qui nous expliquent que cette crise est une conséquence de la rapacité des banquiers vont devoir nous expliquer comment et pourquoi des banques publiques, détenues, réglementées et gérées par les pouvoirs publics se trouvent, elles aussi, dans une telle situation. Mais là n'est pas le plus intéressant.

Ce qui est fascinant dans cette annonce, c’est la raison principale évoquée par l’agence. Textuellement, Moody’s estime que « le soutien gouvernemental des banques du secteur public allemand est devenu moins certain. » Nous avons donc là une agence de notation officielle qui nous dit textuellement que les notes relativement bonnes de ces banques étaient principalement liées à l’hypothèse d’un soutien des pouvoir publics ; c'est-à-dire des contribuables. Ce que nous dit Moody’s, c’est que (i) cette garantie n’est pas officielle mais que (ii) tous le monde, les agences en premier, comptait dessus en prêtant de l’argent à ces institutions. L’alea moral dans toute sa splendeur.

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