Le retour de la gabelle

Nicolas Sarkozy – pardon – François Fillon a annoncé l’instauration d’une nouvelle taxe sur les boissons avec sucre ajouté. Comme c’est devenu l’habitude en France, l’impôt n’est plus (ou du moins plus seulement) une contribution des citoyens au budget de l’Etat mais aussi un outil d’ingénierie sociale qui permet aux sages qui nous gouvernent de modeler cette société imparfaite selon leurs désirs. Ainsi donc, au-delà des 100 millions d’euros dont le premier ministre espère alléger nos poches, il est également question cette fois-ci de lutter contre l’obésité.

Anecdotique me direz-vous.

Eh bien peut être pas. Ça a commencé avec l’élue de mon cœur, qui ne se mêle pourtant jamais de politique mais se trouve être une grande consommatrice de Coca Cola. Sitôt qu’elle a appris la nouvelle par l’entremise d’une amie (ce qui est, en soi, déjà surprenant) elle est rentrée dans une sainte colère et m’immédiatement cuisiné en long en large et en travers sur le montant des nombreux impôts indirects dont nous abreuve la citadelle de Bercy. Dès le lendemain, mon boucher s’y met à son tour : lui qui est d’habitude aussi bavard qu’une tombe ne trouve pas de mots assez durs pour qualifier ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé. Et ainsi de suite…

Je ne sais pas si vous avez la même impression, mais j’ai rarement vu et entendu autant d’honnêtes citoyens s’offusquer d’un nouvel impôt. On parle d’une nouvelle gabelle et j’ai même vu une « Soda Party » [1] se créer sur Facebook [2] et attirer en quelques jours un nombre considérable de sympathisants. La gabelle, une « Soda Party » : fichtre ! Si ce ne sont pas des références explicitement révolutionnaires, elles le sont au moins implicitement.

Notre premier ministre croyait sans doute qu’une énième taxe à la consommation et, qui plus est une taxe assortie d’un objectif aussi mollement consensuel que l’impérieuse nécessité de lutter contre l’obésité, passerait comme une lettre à la Poste [3]. C’est bien mal connaître l’histoire. Les révoltes populaires, insurrections et autres révolutions ont bien souvent des origines bêtement fiscales.

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[1] Référence à la « Boston Tea Party » de 1773.
[2] Le CSA a récemment interdit de nommer les réseaux sociaux à la télévision ; dans la presse écrite, il me semble que c’est encore autorisé.
[3] Hors périodes de grèves.

2 commentaires:

  1. C'est un insignifiant supplément de taxe qui fera exploser l'Etat-providence, telle la menthe de Mr Creosote.

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