Accéder au contenu principal

Paradoxe de Newcomb : je rejoins le camp des one-boxers

Avant de poursuivre, vous devriez sans doute vous faire votre propre avis en lisant ceci.

Le raisonnement d’un one-boxer consiste à considérer que le devin (ou la super-intelligence qui fait des simulations de vous ou le super-algorithme testé pendant 20 ans par les meilleurs psys) à, par exemple, 90% de chances d’avoir anticipé correctement votre choix. Partant de là, le one-boxer peut facilement estimer des espérances de gain : 101 pour les deux boîtes, 900 pour la boîte A seule ; la cause est entendue.

Du point de vue des two-boxers, la prédiction du devin a peu d’importance : le fait est que, dans tous les cas, choisir les deux boîtes rapporte 1 euro de plus que de choisir la boîte A seule (i.e. l’euro qui se trouve dans la boîte B). Si on part du principe que les deux prédictions possibles du devin sont équiprobables, ça fait une espérance de gain de 500 pour la boîte A seule et de 501 pour les deux boîtes.

D’où le paradoxe.

Après y avoir réfléchis un moment, je rejoins la majorité : je suis définitivement un one-boxer ; voici pourquoi.

Si vous ayez décidé de two-boxer, l’énoncé même du problème vous dit que le devin l’a très probablement prédit. Dans mon exemple, il y a donc 90% de chances pour que la boîte A soit vide ce qui réduit votre espérance de gain aux 101 euros prévus par les one-boxers.

En d’autres termes, la différence entre one-boxers et two-boxers, c’est que ces derniers ignorent une donnée fondamentale du problème : par hypothèse, leurs choix, leurs tergiversations et leurs stratégies ont (très probablement) été prédits.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Les Chicago Boys, Milton Friedman et Augusto Pinochet

Cinq Chicago Boys vers 1957
(dont Sergio de Castro, à droite)Tout commence en 1955. Nous sommes alors en pleine guerre froide et les deux grands blocs — l’URSS et les États-Unis — se livrent une lutte sans merci pour accroître leurs zones d’influences respectives. Dans la longue liste des terrains d’affrontement, l’Amérique Latine figure en bonne place et le Chili n’échappe pas à cette règle. La situation chilienne, du point de vue américain, est particulièrement inquiétante : la gauche y vire marxiste, le reste du spectre politique est divisé et les politiques populistes du général-président Carlos Ibáñez ne laissent rien présager de bon. À Washington, on cherche donc à restaurer l’influence des États-Unis dans la région.C’est dans ce contexte qu’en juin 1955, Theodore Schultz, Earl Hamilton, Arnold Harberger et Simon Rottenberg, tous représentants de l’Université de Chicago, débarquent à Santiago pour y signer un accord avec l’Université Pontificale Catholique du Chili. L’objet de l’…

Non, Salvador Allende n’était pas « sur le point de réussir »

Au centre, Allende et Brezhnev, le 11/12/1972 à Moscou.Parmi les nombreuses tartes à la crème qu’on voit circuler sur les Internets, il y a l’idée prégnante et manifestement reçue par beaucoup selon laquelle Salvador Allende était « sur le point de réussir » quand la CIA l’a remplacé par la junte d’Augusto Pinochet. Non. À moins que par « réussir » vous entendiez « réussir à instaurer une dictature » à la mode cubaine ou soviétique, rien n’est plus faux. Un rapide retour sur ces trois années s'impose.Lorsque Salvador Allende, candidat d’une coalition qui regroupait presque tous les partis de gauche du Chili, arrive premier à l’élection présidentielle du 4 septembre 1970 avec 36.2% des voix, il n’est pas pour autant élu. En effet, la constitution chilienne de l’époque voulait que si aucun candidat n’emportait la majorité des suffrages, les deux premiers seraient départagés par un vote du Congrès. Allende devait donc convaincre les parlementaires chiliens de lui apporter leurs suffr…