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Préférez la réalité à la chimère

Imaginez que demain, un gouvernement élu à la majorité des suffrages exprimés décrète que l’homosexualité est un crime passible de la peine capitale. Dès lors, les arrestations et les exécutions qui s’en suivront seront, à n’en pas douter, parfaitement légales et s’appuieront, par hypothèse, sur un processus législatif tout à fait démocratique. Question : pensez-vous que nous puissions raisonnablement supposer que les homosexuels consentent à leur sort au motif qu’ils sont réputés avoir signé notre fameux contrat social ?

Probablement pas.

Sans doute m’opposeriez-vous que ledit contrat social stipule qu’un individu ne peut être arrêté et encore moins tué au motif de ses préférences sexuelles. Fort bien, j’y souscris mais je vous demande alors de me produire une copie de ce fameux contrat afin que nous puissions vous et moi constater la non-conformité de la décision gouvernementale suscitée.

Chose dont vous êtes bien incapable.

Le fait est que ce fameux contrat social n’existe pas. C’est une amusante théorie qui n’entretient avec la réalité qu’un rapport lointain et incertain. Le seul document que vous pourriez éventuellement verser au dossier, le seul texte qui puisse, à condition de s’éloigner radicalement de la théorie rousseauiste, être assimilé à un contrat social, c’est notre Constitution.

Cessez donc de vous référer au contrat social, qui est une chimère, et privilégiez la réalité concrète, qui est la Constitution.

Commentaires

  1. Certes le prétendu "contrat social" n'existe pas. Et la Constitution est un règlement proposé par les rédacteurs de cette constitution. Elle ne lie aucunement les habitants à cette Constitution. Aucun habitant ne l'a approuvée.

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  2. "Qu’est-ce qu’une Nation ?" : "le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis." "l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours."

    La nation, qui atteste ce contrat social, n'est pas une chimère. La chimère, c'est la main invisible du marché.

    L'homo oeconomicus, l'homme réduit à l'état de calculateur rationnel, préférant, perché dans un arbre, tel régime de banane à tel autre fruit, oeconomicus qui rabaisse la raison au calcul, toujours lui, est encore une chimère, bienheureusement.

    L'homme c'est l'âme dit Platon dans Alcibiabe, comme le dit la Bhagavad-Gita et les mythes sacrées de l'Inde, comme le dit le Christ, Marc Aurèle, Eckhart, Saint Augustin, Nicolas de Cues, Jean de La Croix, Simone Weil, et tant d'autres, à côtés desquels il ne paraît pas raisonnable d'inscrire ceux des tenants de l'école autrichienne d'économie, sur ce même sujet et sur tous les autres.

    Non, nous ne somme pas des chiffres, des numéros...

    Je demande qu'on me produise une photo de la main invisible.

    Préférez la Réalité à la chimère !

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  3. Errata :
    ...et tant d'autres noms, à côté desquels...

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  4. Si on part du principe selon lequel la loi est l'expression de la volonté générale, alors on peut décider d'y voir une manifestation possible de ce qu'on appelle en philosophie le "contrat social".

    Ce contrat ne serait donc pas totalement un mythe.

    Maintenant, il faut bien comprendre qu'il y a d'un côté la philosophie politique, avec le contrat social, et de l'autre, le droit avec la loi et - pourquoi pas? - la constitution.

    La loi est un phénomène objectif, qui n'est pas chimérique (même si la considération qu'on peut lui accorder n'est parfois pas à la hauteur de l'espérance).

    Mais, si vous voulez dire qu'une démocratie ne se résume pas au vote de la majorité, là oui, bien sûr, on ne peut qu'approuver. Effectivement, ce n'est pas parce qu'une majorité décide de voter une loi liberticide que c'est "légal" au sens où on l'entend en démocratie, puisque les lois sont soumises à des conditions de validité qui sont posées par des normes supérieures - qu'on trouve habituellement dans la constitution ou les traités.

    Il y a également des règles de forme (qu'on trouve dans les règlements intérieurs des assemblées).

    Et puis il y a des règles qui sont inhérentes aux fonctionnement du système juridique en question et qui sont diffuses dans le système sans qu'on puisse toujours précisément leur affecter un rang dans la hiérarchie des normes.

    Le principe de non rétroactivité de la loi, par exemple, est... légal. Mais il a une valeur supérieure à la loi.

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