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La stratégie du chômeur volontaire

Ce n’est pas que Laure ait besoin d’argent. Son mari gagne tout à fait correctement sa vie mais, en partie parce qu’elle souhaite garder un pied dans le monde du travail le temps que ses enfants grandissent et aussi parce que quelques euros de revenu supplémentaires permettrait d’améliorer l’ordinaire, elle a décidé de chercher un poste d’assistante à mi-temps.

Bien sûr, Laure ne partait pas gagnante : elle lit les mêmes journaux que vous et s’attendait à ce que ses recherches soient longues et difficiles. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça n’a pas été le cas : je vous passe les détails mais, en ayant répondu à un total de sept annonces, elle a reçu – tenez-vous bien – pas moins de six offres d’emploi fermes [1]. Si l’on en croit le retour d’expérience de ses employeurs putatifs, il y avait, en ce mois de janvier 2013 à Marseille, une véritable pénurie : tous, sans exception, se plaignaient de ne pas arriver à recruter.

Bref, en deux semaines montre en main, Laure a trouvé du travail en ayant l’embarras du choix. C’est finalement sur une grosse société de travaux publics qu’elle a jeté son dévolu : métier intéressant, horaires flexibles, patronne « adorable », comité d’entreprise… C’est tout à fait ce qu’elle cherchait.

Considérations économiques

Contractuellement, Laure travaille le matin à raison d’environ 76 heures par mois pour un salaire brut de 12,17 euros de l’heure (129% du Smic). Économiquement, la situation est la suivante : son salaire réel, la somme que son employeur débourse chaque mois pour bénéficier de ses services ou, si vous préférez, la valeur de marché de son travail s’élève à 1 669,23 euros. Là-dessus, l’État prélève un total de 1 013,61 euros de charges et impôts divers [2] – soit 61% de son salaire réel – de telle sorte que son salaire net, celui qu’elle reçoit à chaque fin de mois sur son compte, s’élève à 655,62 euros. Naturellement, sur ce salaire, elle devra encore s’acquitter de sa quote-part de l’IRPP du couple et paiera une foule d’autres taxes directes et indirectes telles que la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) lorsqu’elle fait le plein de sa voiture pour aller travailler.

Laure n’est pas plus radine qu’une autre et elle ne fait pas de politique mais là, vraiment, elle trouve que ça fait beaucoup. Elle trouverait justifié de disposer librement d’une partie plus importante de son salaire et estime que, tout bien considéré, notre modèle social lui coûte un peu cher.

Par ailleurs, à l’issu de son huitième mois d’activité, Laure aura totalisé – ou peu s’en faut – les 610 heures de travail qui lui ouvriront droit à Allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) pour les 245 jours suivants – soit environ huit mois. Or, une rapide simulation sur le site de Pôle-Emploi lui a permis de calculer que, si elle faisait le choix de se mettre au chômage à ce moment-là, elle aurait droit à une allocation journalière de 18,14 euros, net dans sa poche.

Que croyez-vous qu’elle va faire ?

Comprenez-moi bien : aujourd’hui, en travaillant à mi-temps, elle touche 21,85 euros nets par demi-journée de travail et, en se mettant au chômage à partir de la fin du mois de septembre 2013, elle touchera 18,14 euros nets (ou 83% de son salaire net actuel) sans rien faire. En d’autres termes, sur un mois, la différence entre travailler à mi-temps et ne pas travailler du tout sera en moyenne de 105 euros. Rajoutez à cela les économies d’essence et de cantine scolaire qu’elle ferait en restant chez elle, la réduction d’IRPP qui en résulterait et les différentes aides auxquelles son nouveau statut de demandeuse d’emploi lui donnerait droit et posez-vous cette simple question : que croyez-vous qu’elle va faire ?

Un homme sage dont je n’ai malheureusement pas eu la présence d’esprit de noter le nom écrivait un jour que « quel que soit le système que vous mettez en place, vous devriez toujours toujours partir du principe selon lequel les gens l’exploiteront au mieux de leurs intérêts. » Laissez-moi vous énoncer une évidence : fin septembre prochain, il y aura une nouvelle demandeuse d’emploi indemnisée par l’Unédic et cette demandeuse d’emploi ne sera pas vraiment à la recherche d’un travail. Après avoir vu son salaire réel ponctionné à hauteur de 61% pendant huit mois, elle va, elle aussi, essayer de profiter un peu de notre modèle social.

N’en doutez pas, Laure fera sans doute comme ses amies de Facebook : elle va « profiter ». Il y a encore quelques années, c’était une stratégie honteuse, le genre de choses que l’on n’admettait que du bout de lèvre mais aujourd’hui, il est communément admis que Laure serait idiote de rempiler pour huit mois de plus. Le chômage, elle y a droit et c’est son intérêt bien compris : au nom de quel principe lui en feriez-vous le reproche ?

Reste, bien sûr, l’aspect budgétaire de la chose : en huit mois, Laure n’aura cotisé qu’à hauteur de 473,6 euros à l’assurance chômage et percevra, tout au long des huit mois qui suivront, un total de 4 408 euros d’ARE. Évitez-vous le calcul : c’est un trou de 3 934,4 euros dans le budget de l’assurance chômage que le monde nous envie.

Chômage stratégique

Que cela vous plaise ou non, le chômage n’est pas seulement un malheur qui s’abat sur un ménage comme la misère sur la bas-clergé, c’est aussi une stratégie d’adaptation, un choix parfaitement volontaire. Là où la presse et nos politiciens nous brossent le portrait du chômeur médiatique – un salarié du secteur industriel victime d’un licenciement économique suite à une délocalisation – une étude récente de l’Unédic [3] tend à prouver que ce profil-type ne correspond, au grand maximum, qu’à 10% des demandeurs d’emplois. À titre de comparaison, les ruptures conventionnelles et les départs volontaires, c’est plus de 13% de l’effectif.

Le fait est que, dans un pays où l’écart entre de généreuses allocations chômages et des salaires sur-ponctionnés est réduit à presque rien, l’incitation à travailler devient quasiment nulle et plus vous descendez dans l’échelle des salaires, plus le phénomène est évident. La France du chômage, ce sont des jeunes sans expérience, des demandeurs d’emploi peu ou pas diplômés (75,8% n’ont pas fait d’études supérieures) et des mères de famille entre deux temps partiels (sans doute plus de 10% de l’effectif à elles-seules). Il est probablement impossible d’en évaluer précisément l’ampleur mais, de toute évidence, le chômage stratégique est un phénomène massif et directement induit par notre modèle social.

Du point de vue des employeurs potentiels, c’est d’ailleurs une cause entendue depuis longtemps. Thomas, un ami d’enfance, ne passe plus par Pôle-Emploi pour recruter de peur de passer des journées entières à recevoir des candidats qui, manifestement, ne veulent pas du poste mais cherchent juste à valider qu’ils sont bien officiellement à la recherche d’un emploi. Xavier, un ami avocat, a pratiquement supplié Laure de quitter son emploi pour venir remplacer son assistante qui part à la retraite cet été. Dans une région où le chômage bat des records historiques, c’est proprement ubuesque.

À celles et ceux qui veulent continuer à nier l’évidence et qui prétendent défendre les intérêts des victimes de la crise, je n’ai plus qu’une chose à dire : si c’est vraiment l’intérêt des vrais chômeurs qui vous tient à cœur – et c’est tout à votre honneur – réfléchissez bien : tôt ou tard, ce système finira par s’effondrer et ce jour-là, les premières victimes ce seront eux.

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[1] Pour être tout à fait exhaustif, elle avait aussi déposé une annonce dans les locaux de l’ordre des avocat qui, en deux semaine, lui a valu huit appels de cabinets qui cherchaient (désespérément) une assistante, même sans expérience.
[2] Soit 744,23 euros de charges dites patronales, 240,48 euros de charges dites salariales et 28,9 euros de CSG et de CRDS. Je précise ici que j’ai le bulletin d’avril 2013 sous les yeux.
[3] Unédic, Qui sont les allocataires de l’assurance chômage ? (avril 2013) – chiffres à fin-décembre 2011.
[4] Elles représentent à elles-seules, 17% des demandeurs d’emploi indemnisés par l’Unédic.

Commentaires

  1. Mouaif.
    Donc si j'ai bien tout compris : "Laure" fait ses petits calculs, et "se met au chômage" au bout de huit mois d'activité (ah oui, et selon quelle option ? Elle démissionne donc n'a aucun droit aux allocations chômage? Ou bien alors -si elle est en CDI- elle tente de négocier une rupture conventionnelle ? Ou alors elle a signé un CDD dont elle attend le terme. Peu importe, en fait. Le plus drôle dans votre histoire, c'est que "Laure" semble viser les grosses sociétés (ah, les prestations du CE !), qui sont donc dotées de services RH compétents (aïe, c'est là que çà se gâte...), qu'il ne faut tout de même pas prendre pour des jambons. Quelque soit le choix de "Laure", ils auront très vite compris sa petite cuisine, et sa pêche miraculeuse d'offres d'emploi "fermes" risque de tourner très vite en grillade. En plus comme elle cherche un temps partiel, elle ne pourra pas s'envoler bien loin pour se refaire. Voilà. Sinon il était bien votre petit article. Des chiffres, d'édifiantes additions et soustractions. Si si, continuez.

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    1. Anonyme,
      Vous avez raison d’écrire « Laure » entre guillemets : ce n’est pas son vrai prénom. En revanche, elle existe bel et bien et tous les chiffres cités sont rigoureusement exacts.
      Si elle a un CDD (ce n’est pas le cas), il lui suffit effectivement d’en attendre la fin. Comme elle a un CDI, la solution la plus simple consiste effectivement à négocier une rupture conventionnelle au bout de huit mois. C’est très facile et, précisément parce que le DRH de sa boîte est compétent, il sait qu’il ne peut pas s’y opposer (à moins, bien sûr, d’être prêt à payer quelqu’un qui fait tout pour se faire licencier…).
      Accessoirement, c’est exactement ce qu’a fait la jeune femme qui a précédé « Laure » dans son poste actuel.

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  2. Si son intérêt bien compris est de rester chez elle à ne rien glander plutôt que d'aller travailler, c'est que le boulot en question ne doit pas être si passionnant que vous le dîtes.

    Avec ou sans charges (qui soit dit en passant permettent de remplir le carnet de commandes du patron de BTP qui embauche Laure ainsi que la route qui l'emmène au travail), si un boulot n'est pas plus attrayant que le chômage, ce n'est pas quelques centaines d'euros en plus qui feront que Laure s'épanouira dans son travail et qu'elle y restera.

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    1. Emmanuel,
      Je n’ai pas écrit « passionnant » mais « intéressant » - nuance. Je vous rappelle qu’elle est assistante ce qui n’est – certes – pas un métier désagréable mais ce qui n’est pas non plus le genre de travail que l’on accepte de faire pour rien.
      Pour ce qui est du « carnet de commandes du patron de BTP » et de « la route qui l'emmène au travail », il y a deux solutions. Soit vous vous placez dans un cadre keynésien, auquel cas c’est un argument conjoncturel (les fameux stabiliseurs automatiques, relance par la demande etc.) – Je ne suis pas d’accord mais l’argument est intellectuellement recevable. En revanche, si votre argument consiste à dire que le remplissage du carnet de commande et la construction des routes dépend structurellement de la quantité de charges prélevées sur le salaire des gens qui travaillent, vous ouvrez une nouvelle voie dans le domaine de la science économique et il va vous falloir développer un peu.

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  3. Dans ma société on a également des difficultés à recruter. Il est vrai que l'on recherche des personnes assez qualifiées, mais comme on est en France, censée avoir un nombre important de personnes avec un niveau d'étude, ca me laisse dubitatif.
    Des chômeurs qui ne trouvent pas de boulot, ca doit exister. Des chômeurs avec du savoir faire qui ne trouvent pas de boulot, j'en doute beaucoup plus.

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  4. Je me suis mal fait comprendre. La question n'est pas de savoir si Laure est assez diplômée pour trouver un travail (la progression du nombre d'intellectuels précaires montre que le problème est ailleurs), mais si elle a envie de passer son temps à bosser chez Vinci (ou autre) plutôt que de rester chez elle. Si elle opte pour la deuxième option, c'est que le poste proposé est aussi stimulant qu'un épisode de Derrick. Et ce n'est pas un salaire plus élevé qui la fera changer d'avis.

    Par ailleurs, vous semblez oublier qu'il n'y a pas assez d'emploi pour tout le monde, et ce grâce aux gains de productivité réalisés au cours des dernières décennies. Le chômage, loin d'être une fatalité, est quelques chose que l'on a voulu (pour paraphraser Paul Jorion). On a tout fait pour travailler moins et moins dur. Alors profitons-en plutôt que d'exclure mécaniquement 10% des actifs de la vie sociale.

    Une piste à suivre pour cela est celle du revenu de base. Elle permet de découpler partiellement revenu et travail, de résoudre le chômage en tant que problème économique et social grâce à un partage du temps de travail et de sortir de la centralité du travail. Cela paraît stupide pour les 5% de personnes qui effectuent un travail stimulant, mais ce serait une grande avancée pour tous les autres (et pour Laure). Il faut donc arrêter l'ethnocentrisme petit bourgeois qui pousse les privilégiés à considérer que tout le monde à la même chance qu'eux.

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    1. bonjour,
      ce n'est pas en partagent un travail en deux qu'il y a plus de travail. au contraire c'est l’inverse qui ce produit.
      les 35h le démontre depuis sa création.
      Si vous avez 8h de travail, faites travailler deux personnes 4 heures et au final vous aurez une productivité moindre, deux salaires misérables, pas de consommation....donc pas de projet industriel...c'est un principe recessioniste que vous proposez.Lisez l'histoire, tout est écrit.

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    2. Emmanuel,
      Cette idée selon laquelle les gains de productivité font « qu'il n'y a pas assez d'emploi pour tout le monde » est une fumisterie typique des néo-marxistes comme Paul Jorion qui s’obstinent depuis des siècles et malgré l’évidence à considérer l’économie comme un gâteau à taille fixe.
      Je ne vais même pas rentrer dans une explication théorique : pourquoi – Ô mon Dieu pourquoi ? – le taux de chômage de pays comme la Suisse, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Australie (etc.) est-il si bas ? N’ont-ils pas fait assez de gains de productivité ?

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    3. Emmanuel,
      Vous proposez donc une théorie selon laquelle les gens qui travaillent sont insensibles à leur niveau de rémunération ?

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    4. Quand une personne écrit "lisez l'histoire", généralement je ne prends pas la peine de répondre, car cela montre qu'elle en a une piètre connaissance. Mais je vais faire un effort.

      Commencez par m'expliquer comment vous voulez donner un emploi à tout le monde alors qu'ils vont en diminuant et ce de façon continue ? Il n'y a pas besoin d'avoir lu l'histoire pour comprendre que c'est une hérésie.

      Je ne vais pas vous demander de lire l'histoire, mais cette étude de l'économiste et statisticien Michel Husson qui montre bien la nécessité de la réduction généralisée du temps de travail au regard des gains de productivité.
      http://alencontre.org/economie/droit-a-l%E2%80%99emploi-ou-revenu-universel.html (il est contre le revenu de base, preuve que je ne pioche mes sources que parmi les gens dont je partage l'opinion).

      J'aimerais avoir vos chiffres sur les 35h, je n'aime guère les déclarations non étayées. Pour ma part je vous citerai deux journalistes libéraux que je ne porte guère dans mon coeur : « Depuis l'arrivée de Lionel Jospin à Matignon, la France a créé près de 2 millions d'emplois et remis au travail 926 000 chômeurs (...)
      sur ces 2 millions d'emplois créés, plus de 1,5 million l'ont été dans le secteur marchand (...) La vigueur de la création d'emplois par les entreprises est venue de la conjonction de trois éléments :
      une croissance forte (3,3 % en moyenne de la mi-1997 à la fin 2000, contre 1,9 % dans la première partie de la décennie), les 35 heures, et ce que les économistes nomment “l'enrichissement de la croissance en emplois”. Selon Jean Pisani-Ferry, qui développe cette thématique dans son livre La Bonne Aventure, sur les 400 000 emplois privés créés en moyenne par an de 1997 à 2000, 250 000 sont venus du regain de croissance, 60 000 des 35 heures et
      100 000 de l'effet “enrichissement” ».

      Et maintenant que j'ai répondu sur le terrain économique, je conclurai sur le terrain politique/idéologique. Votre raisonnement est encore guidé par la religion de la croissance. Vous êtes dans la même impasse que les astronomes avant que l'on découvre que la terre était ronde et tournait autour du soleil. Il est suicidaire de rechercher éternellement une hausse de la consommation et de la production. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une économie au service de l'homme qui nous permet de produire ce dont nous avons besoin et non d'une économie dont le seul objectif est d'aboutir à une croissance du PIB pour soutenir l'emploi et la consommation de biens inutiles. Surtout que la croissance ne garantit même pas la baisse du chômage... (http://www.alternatives-economiques.fr/les-relations-compliquees-entre-croissance-et-emploi_fr_art_318_5441.html) !

      Désolé pour la longueur du message, mais c'est ce qu'il faut pour ne pas rester dans les déclaration péremptoires et non étayées.

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  5. Emmanuel,
    Je suis également employeur (en Belgique) et je confirme tout ce que je peux lire dans cet article. Pour chaque collaborateur que j'emploie, je verse, chaque mois, en taxes ONSS l'équivalent de 70% de son salaire net. En clair, si un employé gagne 1500 EUR en net, je verse 1100 EUR à notre cher Etat providence. Concrètement, plus d'un chômeur est payé à temps plein par mes prestations sociales pour chaque collaborateur que j'emploie. Croyez vous que je préfère le voir au chômage ou l'engager et lui verser les 1100 EUR qu'il reçoit pour rester chez lui et 400 EUR de plus afin de le voir prester pour moi ??? On ne manque pas de travail. On manque de moyens pour PAYER les salariés car les sociétés sont vidées de leur substance afin de maintenir les "travailleurs" au chômage. Pourquoi ? Ils votent à gauche et trop de parasites (politiques, syndicats,...) vivent très bien grâce à ce système corrompu.
    Je confirme également que la plupart des candidats qui se présentent ont des attestations préremplies confirmant qu'ils ont fait la démarche de postuler. Je n'ai qu'à signer.

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  6. Bon article qui décrit bien la réalité.

    Je suis surpris par le taux de 61% de charges/salaire complet. Mon expérience est plutôt légèrement en dessous de 50% (ce qui est déjà exorbitant).

    Il y a des charges locales marseillaises?

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  7. Bonsoir,
    Moi je suis au chômage, bac+3, ancienne enseignante (j'ai démissionné de l'EN). J'ai bossé dans la restauration rapide pas les deux pieds dans le même sabot donc, j'ai cherché pdt quelques années vers quoi me reconvertir et bossé aussi en tant qu'assistante juridique. Aujourd'hui, faute de formation dans le domaine voulu, faute d'avoir les moyens de me former et parce que les employeurs ne prennent pas en contrat pro les personnes au-delà de 25 ans, je cherche dans plusieurs domaines. Je n'ai pas (plus) les moyens de me "prélasser" dans du chômage volontaire et j'ai qd même du mal à trouver des postes en intérim parce que je ne suis pas assez "motivée" ou expérimentée dans nombre de domaines. Ou alors peut-être est-ce parce qu'il y a encore un paquet de chômeurs en France qui cherchent du boulot "pour de vrai". J'ai bien compris que l'article vise davantage à huer ce modèle économique qu'à stygmatiser un comportement quasi rationnel, bien que peu citoyen. Mais ce genre d'écrits m'écoeur, croyez-moi.
    Je sais que la solution n'est pas pour demain et que l'on avalera encore nombre de couleuvres et de pilulles amères, mais si, et j'entends bien que ce n'est pas le rôle des journalistes, mais au moins celui des économistes, quelques-uns pouvaient se bouger pour changer cet état de fait, au lieu de pérorer, on pourrait arrêter d'avoir peur d'être obligé d'hypothéquer la maison ou vendre la voiture...
    Et je suis loin d'être la plus mal lotie d'entre nous pourtant.

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    1. Magalie,
      Les causes du chômage sont multiples : le salaire minimum joue nécessairement un rôle (sur les jeunes et les moins qualifiés d’entre nous), le poids des charges, la rigidité du droit du travail et l’environnement fiscal et juridique français…
      Je souligne ici une de ces causes. Elle existe, c’est une certitude mais il est presqu’impossible d’en évaluer l’ampleur sans disposer des données détaillées de l’Unédic (et même avec ça, on n’aura au mieux qu’une estimation).
      Je ne cherche ni à vous écœurer (pourquoi faire ?), ni à vous brosser dans le sens du poil (je ne me présente à aucun élection). Je décris un fait et ce fait à des conséquences. Typiquement, si Laure se voit ponctionner 61% de son salaire réel, c’est pour financer notre modèle social ; ça signifie aussi que pour qu’en employeur puisse payer Laure (ou vous) 655,62 euros par mois pour un mi-temps (i.e. une misère), il doit débourser 1 669,23 euros.
      En d’autres termes, si vous ne trouvez pas de travail c’est – entre autres – parce que ce modèle social incite un certain nombre de nos compatriotes à alterner volontairement périodes de travail et période de chômage.
      Pour ce qui est des solutions, elles sont connues depuis bien longtemps mais les politiciens pour lesquels nous votons – de droite comme de gauche – préfèrent laisser perdurer le mythe du modèle social que le monde nous envie et nous, électeurs, applaudissons des deux mains.

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    2. "presqu’impossible d’en évaluer l’ampleur", à moins de faire un effort minimal pour chercher des chiffres pourtant disponibles.

      http://www.atd-quartmonde.fr/Pauvrete-RSA-logement-social.html

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    3. Vince,
      Bravo ! Joli hors-sujet (on parle ici de l’ARE).

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    4. Oui, je sais, je commence à comprendre la mécanique, quand on propose des arguments sourcés on "change de sujet". Allez, je joue, quel est cet "ici" où on parle de l'ARE ?

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    5. Mmmmh... Dans l'article par exemple.

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    6. Je joue et je perds, je suis une nouille, et je prends les devants : ok, votre article parle de l'ARE, mon lien parle de la fraude au RSA.

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    7. Question : ne peux-t-on extrapoler les chiffres de la fraude à l'ARE depuis ceux de la fraude au RSA, par exemple ? Une estimation étayée, ce serait peut-être déjà mieux que de laisser faire l'imagination de chacun. J'ai bien compris la dernière phrase de l'article; je n'arrive cependant pas à saisir la priorité à donner à la lutte contre la fraude à l'ARE sans disposer de données permettant de la quantifier, notamment en comparaison d'autres fraudes comme celles évoquées chez ATD. (PS : désolé pour l'insinuation sur les changements de sujet, pour le coup c'était hors sujet.)

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    8. La perception de l'ARE n'est-elle pas conditionnée à l'accomplissement "d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou de reprendre une entreprise" ? Le "chômeur volontaire" n'est-il pas en situation de fraude vis à vis de cette condition ? Votre article mentionne les vrais chômeurs, c'est bien qu'il y en a de faux, qui fraudent, non ? Si vous préférez, je reformule ma question en remplaçant fraude par "chômage volontaire"...

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    9. Mettons.
      Non, je ne crois pas qu’on puisse extrapoler les chiffres de la fraude au RSA à ceux du chômage stratégique. Ce sont des situations (financièrement au moins) très différentes. À vue de nez, les chômeurs volontaires sont des gens qui n’ont pas vraiment de problèmes financiers (autour de moi : des femmes mariées ou de jeunes adultes qui vivent encore chez leurs parents).

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    10. Raison de plus. Si les chômeurs "pauvres" qui fraudent le RSA sont finalement peu nombreux, on peut supposer que la stratégie du chômage volontaire ne représente pas non plus un pourcentage très élevé des bénéficiaires de l'ARE. D'autre part, l'exemple de "Laure" suppose que l'argent de son mari est l'argent du couple, ce qui n'est pas toujours le cas. Pour terminer, l'article devrait donc s'intituler "la stratégie du chômage volontaire de personnes n'ayant pas de problèmes financiers". C'est moins percutant, évidemment. En revanche, cela devient plus simple à contrôler et enrayer, en conditionnant l'attribution de l'ARE aux ressources, comme on le fait pour l'attribution des bourses scolaires par exemple. On s'apercevra alors qu'il serait plus rentable de lutter efficacement contre la fraude fiscale.

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  8. Cet article expose ce que chacun, avec un minimum de bonne foi et de logique, devrait admettre : les hommes politiques ne peuvent que désorganiser les marchés dans lesquels ils mettent leurs grands pieds (travail, logement,santé, etc ...)

    Quant à Laure, qu'elle soit remerciée pour sa contribution à faire exploser ce système un peu plus rapidement.
    Qu’elle n'est pas honte, elle est en légitime défense face au léviathan.

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  9. Bonjour,

    C'est fou ce calcul! Comment expliquez vous que :

    - les cotisations salariales + CSG de Laure comptent pour 26% de son salaire brut alors que le maximum tourne à 22%

    - les cotisations patronales sur le salaire de Laure comptent pour plus de 60% du salaire brut de Laure alors que le grand maximum est à 45% et encore seulement pour les salaires dépassant 1,6 fois le SMIC (ce qui n'est pas le cas dans votre exemple). L'ensemble des salaires inférieurs à 1,6 fois le smic bénéficient de nombreuses réductions de cotisations.

    J'aurais bien une explication : votre exemple est bidon. Ou une autre : puisque vous avez le bulletin de salaire sous yeux, vous ne comprenez pas ce que vous lisez.

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  10. Bonjour,

    Inscrite récemment à pôle emploi, j'ai été convoquée à un atelier pour les chômeurs autonomes, financé par pôle emploi. Cet atelier offre des outils pour les demandeurs d'emploi.

    Sur l'ensemble des personnes :
    - une à commencé à augmenter que cet outil lui serait utile dans...6 mois : belle vient d'acheter une maison et avec le notaire et tout et tout... elle ne se mettrait pas à chercher avant. Discours complètement de culpabilisé..
    - l'animatrice -à l'écoute - ne trouve pas choquant ces paroles.

    - suite à d'autres "se souviennent" qu'il déménagent...et il y en a même un qui "a mis du temps "à se souvenir où il démangeait et à quelle date !!!!

    Le chômage volontaire n'est pas su rare....

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  11. Bonjour,

    Inscrite récemment à pôle emploi, j'ai été convoquée à un atelier pour les chômeurs autonomes, financé par pôle emploi. Cet atelier offre des outils pour les demandeurs d'emploi.

    Sur l'ensemble des personnes :
    - une à commencé à augmenter que cet outil lui serait utile dans...6 mois : belle vient d'acheter une maison et avec le notaire et tout et tout... elle ne se mettrait pas à chercher avant. Discours complètement de culpabilisé..
    - l'animatrice -à l'écoute - ne trouve pas choquant ces paroles.

    - suite à d'autres "se souviennent" qu'il déménagent...et il y en a même un qui "a mis du temps "à se souvenir où il démangeait et à quelle date !!!!

    Le chômage volontaire n'est pas su rare....

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Le Comité Stratégique au Calcul Intensif, le Haut Conseil de l’Éducation Artistique et Culturelle, l’Observatoire des Jeux, la Grande Commission Nautique, la Conférence de la Ruralité, le Groupe Interministériel des Normes… L’imagination de nos dirigeants en matière de comités Théodule ne semble connaitre aucune limite.Grâce à quatre courageuses et courageux (un grand merci à Delphine, Ugo, Clément et Caroline qui nous a fourni un fichier de contrôle très utile), nous disposons maintenant d’un fichier exploitable conçu sur la base des données trouvées en annexe du PLF 2016 (le « jaune ») pour les années 2012, 2013 et 2014 (les coûts sont donnés en milliers d'euros).Au total, nous avons donc 504 comités, conseils, observatoires, commissions, conférences et autres groupes interministériels — ci-après « instances ». Certaines ont disparu depuis, d’autres sont de création très récente mais ça donne un ordre de grandeur. Ces instances occupent, plus ou moins, un maximum de 19 890 memb…

Logement social de luxe

Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris en charge du logement depuis avril 2014 annonçait ce 27 février qu’il s’apprêtait à inaugurer de nouveaux logements sociaux situés avenue du Coq, dans le 9ème arrondissement de Paris.L’élu communiste ayant eu l’excellente idée de joindre quelques photos, ce tweet a piqué ma curiosité : je me suis toujours demandé à quoi pouvait ressembler les logements sociaux de la capitale.Je vous laisse découvrir ça :Je ne sais pas ce que vous en pensez mais, de mon point de vue, c’est plutôt pas trop mal. On est quand même dans un bel immeuble haussmannien en pierre de taille, les parties communes relèvent clairement de la prestation haut-de-gamme et les logements eux-mêmes, manifestement refaits à neuf, n’ont pas grand-chose à voir avec l’idée que je me faisais d’un logement social.Clairement, je crois que cette série de photo aurait été tout à fait à sa place dans la vitrine d’une agence immobilière de luxe.Mais ça n’est pas fini. Il se trouve que l…