Accéder au contenu principal

La curieuse tâche – Le bœuf et le lapin en URSS

Une petite anecdote rapportée par Yuri Maltsev, un des membres de l’équipe mise en place par Gorbatchev pour planifier l’économie soviétique pendant la perestroïka.

Le planificateur, qui souhaiter venir à bout des revenus illicites – i.e. le marché noir, c'est-à-dire les revenus qui n’étaient pas explicitement autorisés par l’état (principe juridique soviétique #1) – avait imposé que tout les prix soient identiques à ceux des magasins d’Etat. Par exemple, le prix du kilo de viande de bœuf était fixé à 4 roubles et le kilo de viande de lapin à 3 roubles.
Maltsev, qui avait lu Mises, pensa immédiatement que la viande de bœuf et de lapin allait rapidement disparaître des étals (sauf ceux, bien entendus, qui étaient réservés à la nomenklatura).


Effectivement, il fût rapidement impossible de trouver de la viande de lapin ailleurs que sur le marché noir où son prix – qui intégrait désormais la prime de risque liée au fait que vendre du lapin au marché noir était passible du goulag – atteignait des records. Par contre, il fût très surpris de constater que la viande de bœuf ne disparût pas : mais elle était vendue avec l’os, de préférence de taille dinosauresque, de manière à ce que le poids de l’os compense l’écart entre le prix de la viande au marché noir et les 4 roubles imposés par le planificateur…


Le reste de l’article est passionnant.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Les Chicago Boys, Milton Friedman et Augusto Pinochet

Cinq Chicago Boys vers 1957
(dont Sergio de Castro, à droite)Tout commence en 1955. Nous sommes alors en pleine guerre froide et les deux grands blocs — l’URSS et les États-Unis — se livrent une lutte sans merci pour accroître leurs zones d’influences respectives. Dans la longue liste des terrains d’affrontement, l’Amérique Latine figure en bonne place et le Chili n’échappe pas à cette règle. La situation chilienne, du point de vue américain, est particulièrement inquiétante : la gauche y vire marxiste, le reste du spectre politique est divisé et les politiques populistes du général-président Carlos Ibáñez ne laissent rien présager de bon. À Washington, on cherche donc à restaurer l’influence des États-Unis dans la région.C’est dans ce contexte qu’en juin 1955, Theodore Schultz, Earl Hamilton, Arnold Harberger et Simon Rottenberg, tous représentants de l’Université de Chicago, débarquent à Santiago pour y signer un accord avec l’Université Pontificale Catholique du Chili. L’objet de l’…

Non, Salvador Allende n’était pas « sur le point de réussir »

Au centre, Allende et Brezhnev, le 11/12/1972 à Moscou.Parmi les nombreuses tartes à la crème qu’on voit circuler sur les Internets, il y a l’idée prégnante et manifestement reçue par beaucoup selon laquelle Salvador Allende était « sur le point de réussir » quand la CIA l’a remplacé par la junte d’Augusto Pinochet. Non. À moins que par « réussir » vous entendiez « réussir à instaurer une dictature » à la mode cubaine ou soviétique, rien n’est plus faux. Un rapide retour sur ces trois années s'impose.Lorsque Salvador Allende, candidat d’une coalition qui regroupait presque tous les partis de gauche du Chili, arrive premier à l’élection présidentielle du 4 septembre 1970 avec 36.2% des voix, il n’est pas pour autant élu. En effet, la constitution chilienne de l’époque voulait que si aucun candidat n’emportait la majorité des suffrages, les deux premiers seraient départagés par un vote du Congrès. Allende devait donc convaincre les parlementaires chiliens de lui apporter leurs suffr…