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Articles

Affichage des articles du août, 2013

Marseille 1.0, Gyptis et Protis

Sur la fondation mythique de Marseille, nous disposons de deux sources qui citent des originaux aujourd’hui disparus : d’une part, un extrait de la Constitution des Massaliotes d’Aristote cité par Athénée dans ses Deipnosophistes (livre XIII) et, d’autre part, un extrait des Histoires philippiques de Trogue Pompée, proposé par Justin dans son Abrégé des histoires philippiques (livre XLIII). À l’exception de quelques détails secondaires, les deux récits coïncident remarquablement. Synthèse :Contraints par l’exiguïté et la faible fertilité de leurs terres ioniennes, les Phocéens se sont tournés très tôt vers les activités maritimes – pêche, commerce et piraterie – à tel point qu’ils devinrent, selon Hérodote, les premiers grecs à se lancer dans de longs périples maritimes. Ainsi, précise Trogue Pompée, les navigateurs Phocéens avaient même osé naviguer « en direction du rivage ultime de l’Océan » (c’est-à-dire les colonnes d’Hercule) ; fait lui aussi confirmé par Hérodote qui rapporte l…

Préférez la réalité à la chimère

Imaginez que demain, un gouvernement élu à la majorité des suffrages exprimés décrète que l’homosexualité est un crime passible de la peine capitale. Dès lors, les arrestations et les exécutions qui s’en suivront seront, à n’en pas douter, parfaitement légales et s’appuieront, par hypothèse, sur un processus législatif tout à fait démocratique. Question : pensez-vous que nous puissions raisonnablement supposer que les homosexuels consentent à leur sort au motif qu’ils sont réputés avoir signé notre fameux contrat social ?Probablement pas.Sans doute m’opposeriez-vous que ledit contrat social stipule qu’un individu ne peut être arrêté et encore moins tué au motif de ses préférences sexuelles. Fort bien, j’y souscris mais je vous demande alors de me produire une copie de ce fameux contrat afin que nous puissions vous et moi constater la non-conformité de la décision gouvernementale suscitée.Chose dont vous êtes bien incapable.Le fait est que ce fameux contrat social n’existe pas. C’est u…

À bas Big Mother !

Entendons-nous bien : si ma fille [1] devait un jour m’annoncer qu’elle se fait rémunérer pour allaiter un enfant ou, pire encore, si elle devait m’avouer avoir vendu un de ses reins, je serais le premier à en être profondément affligé. Ce serait, pour moi comme pour sa mère, un terrible échec. En tant que père, je saurai à ce moment que je n’ai pas été capable d’offrir une vie décente à la chair de ma chair et, de toute évidence, c’est sur mon épouse et moi-même que retombe le poids de cet échec. J’en serai, profondément et irrémédiablement, meurtri.Pour autant, suis-je en droit de le lui interdire ? La réponse, sans aucune équivoque, est non. Définitivement non. C’est son corps ; pas le mien. Elle sera toujours ma fille, mon bébé, et tant que j’aurais un souffle de vie, elle pourra toujours compter sur son vieux père mais cela ne me donne aucun droit sur l’usage qu’elle fait de son corps. C’est son corps, sa vie ; c’est un don définitif et sans condition. Ma fille, son corps et son …

Bâle et les défaillances du marché

C’est au début des années 1980 que les autorités monétaires et financières ont commencé à imposer aux banques de respecter ce que nous appelons aujourd’hui des ratios de solvabilité (ou, indifféremment, des ratios d’adéquation des fonds propres). L’idée, comme toujours, partait des meilleures intentions qui soient : il était question d’empêcher les banques de prendre trop de risques en limitant la quantité de crédit qu’elles pouvaient accorder en fonction de leurs fonds propres. Aux États-Unis, par exemple, les premiers ratios de ce type (1981) imposaient aux banques de disposer d’un capital [1] égal à 5 ou 6% (en fonction du type de banque) du montant total de leur actif.À partir du milieu de la décennie, il est apparu aux régulateurs que ces ratios basiques souffraient d’une faille importante dans la mesure où ils ne distinguaient pas les prêts réputés sûrs (accordés aux institutions publiques par exemple) de ceux dont on pouvait raisonnablement supposer qu’ils étaient plus risqués …

Le hasard n’existe pas

À la fin de son cours, un professeur lance un défi à ses étudiants : ils doivent, pour la prochaine séance, concevoir une fonction capable de générer dix nombres aléatoires. En sortant de la salle de classe, la plupart des étudiants sont intimement persuadés de la trivialité de l’exercice ; en une demi-heure, se disent-ils, ce sera bouclé. Ils rentrent chez eux, s’installent devant leur ordinateur et c’est là qu’ils commencent à réfléchir.La tâche qui consiste à concevoir un générateur de nombres aléatoires est aussi simple en apparence qu’elle est complexe en réalité. Comment créer le hasard ? Comment concevoir un algorithme – c’est-à-dire un système forcément déterministe – qui génère un résultat qui échappe à toute explication déterministe ? Eh bien c’est impossible. Les esprits les plus brillants se sont frottés à ce problème et tous en ont conclu qu’il n’est tout simplement pas possible de créer un tel algorithme. Tous les générateurs de nombres aléatoires [1] sont en réalité des…

Je suis libéral

Je suis libéral. En tant que tel, j’estime qu’à l’unique condition que vos choix de vie ne portent pas atteinte à ma liberté, vous devriez pouvoir mener votre existence comme bon vous semble.Il est sans doute utile que je précise ce point : quelque soient vos choix de vie et à l’unique condition que vous ne cherchiez pas à m’en faire supporter les conséquences, je serais le premier à me battre pour que vous puissiez vivre selon votre cœur.Je le pense vraiment.Je crois, en toute sincérité, que le collectivisme ne créera jamais rien d’autre que de la misère. Je le crois profondément. Mais si vous désirez fonder un phalanstère ou toute autre communauté basée sur ce principe, sachez que vous pourrez toujours compter sur mon soutien le plus indéfectible. De toute mes forces et en toute sincérité, je défendrais votre droit à vivre selon vos convictions.Je réprouve, à titre tout à fait personnel, l’attitude de ses femmes musulmanes qui, alors qu’elles ont la chance de vivre dans un pays où l…

Le Parti de l’État Fort

Chers compatriotes,C’est un fait désormais établis qui, pour autant que nous puissions en juger, ne fait plus l’objet de débats, les malheurs de notre Nation et les souffrances du Peuple n’ont qu’une seule et unique source : le libéralisme. C’est cette idéologie totalitaire qui, imposée de force par une génération entière de politiciens véreux et irresponsables, est la source de notre déclassement économique et politique, de la perte de notre identité nationale et de la désunion qui règne aujourd’hui parmi nous. Il faut y mettre un terme ; il faut redonner à l’État, garant de l’intérêt général et de la justice sociale, les pouvoirs dont il a été privé. C’est à cette noble tâche que le Parti s’attelle ; « tout dans l’État, rien hors de l’État et rien contre l’État » - telle est notre doctrine. Je veux ici vous apporter quelques précisions sur la réalité que recouvre cette doctrine. Il s’agit, bien sûr, d’un bref résumé et les quelques points que je m’apprête à développer ci-après ne pr…

Communisme : bilan globalement logique

C’est un sujet récurrent : à chaque fois que quelqu’un évoque les « 100 millions de morts du communisme », on assiste à une levée de drapeaux rouges qui ne contestent pas seulement ce chiffrage macabre mais, plus fondamentalement, le fait même que le communisme soit en cause. Le communisme, nous disent des Gérard Filoche ou des Jérôme Leroy, n’a jamais existé : comment pourrait-il être responsable de ce dont on l’accuse ?Et bien ils ont raison.Le communisme, au sens marxiste – et donc canonique – du terme, c’est une société où les classes sociales ont été abolies, une société débarrassée de la propriété privée des moyens de production mais aussi une société sans État. Le communisme, c’est une forme d’anarchisme et vous conviendrez avec moi que des régimes comme celui de l’ex-URSS, de la Chine maoïste ou de l’actuelle Corée du nord ne cadrent pas du tout avec cette définition.(La suite est en ligne sur Causeur.fr)

La prohibition jusqu’où ?

Début 2011, un trio de médecins s’est lancé dans une expérience très instructive. Ils ont distribué un questionnaire anonyme aux détenus du centre pénitentiaire de Liancourt afin, notamment, d’évaluer la prévalence de la toxicomanie en milieu carcéral. Résultat : pas moins de 43,6% des 381 détenus ayant répondu déclaraient consommer au moins une drogue alors qu’ils étaient derrière les barreaux. C’est un secret de polichinelle : se procurer de la drogue en prison est tout sauf un problème ; ce n’est qu’une question de prix.Ce qui pose tout de même une question importante : si l’État est incapable de contrôler le trafic de drogue dans ses prisons, qu’espérons-nous exactement de la politique de prohibition menée à l’extérieur ? Question subsidiaire : avons-nous l’intention de transformer nos rues en quartiers de haute sécurité pour mettre fin au trafic où nous arrêterons-nous avant ?---
[1] O. Sannier, F. Verfaillie et D. Lavielle, Réduction des risques et usage de drogues en détention …