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Articles

Affichage des articles du janvier, 2013

Les poules aux œufs d’or

Les poules aux œufs d’or pondent de bons gros œufs dorés dont raffole toute la volière. Les merles, qui ne pondent que des œufs sans saveur, sont jaloux des poules et ne cessent de se plaindre auprès des vautours. Les vautours, qui aiment autant le pouvoir que les œufs d’or, comprennent le parti qu’ils peuvent en tirer : « portez-nous sur le trône, disent-il aux merles, et nous obligerons les poules à réparer cette injustice. » Les merles, ravis, applaudissent chaudement. Sitôt couronnés, les vautours établissent un impôt lourd et progressif sur les œufs des poules, se servent les premiers et redistribuent ce qui reste aux merles. Les poules, vite excédées de ne rien recevoir en contrepartie et d’être ainsi dénigrées, décident de pondre moins d’œuf pour échapper à l’impôt. Les œufs se raréfient, les merles s’en émeuvent et retournent se plaindre auprès des vautours.Ces derniers réclament de nouveaux pouvoir en l’échange de quoi, ils promettent de prendre en main la production des œuf…

IRPP, ISF et recettes de l’État

« Oh, tu sais, me dit-il en tirant une bouffée de sa cigarette taxée à 80%, moi, de toute manière, je ne suis pas imposable. »Beaucoup de nos concitoyens pensent qu’ils sont non-imposables et vous avez sans doute observé comme moi que le débat public se focalise quasi-exclusivement sur l’Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) et l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Une petite mise en perspective s’impose.Sur la base des données de l’Insee pour l’exercice 2011, l’IRPP et l’ISF représentaient 5,41% des recettes totales de nos administrations publiques.Règle #1 : rien n’est gratuit, il y a toujours quelqu’un qui paie ;
Règle #2 : si vous ne savez pas qui, c’est que c’est probablement vous.

M. le Président, construisons l’Étoile de la Mort

Attendu qu’il est désormais acquis que l’État doit augmenter massivement la dépense publique pour relancer la croissance (i.e. politique de croissance) et qu’un déficit budgétaire inférieur à 10% du Produit intérieur brut est une politique d’austérité ;Attendu qu’il est également acquis que les seules solutions raisonnables à un endettement public insoutenable sont (i) encore plus de dette et/ou (ii) le financement de la dépense publique par la création monétaire ;Attendu, enfin, que nous entrons dans une nouvelle ère, que le paradigme a changé, que les lignes ont bougé, qu’il faut désormais raisonner hors du cadre et que, de toute manière, si on ne peut pas les battre, autant se joindre à eux ;Attendu ce qui précède, donc, je me fais fort de participer, avec mes faibles moyens, au redressement productif national, à la relance de la croissance durable et à la réindustrialisation de la France en relayant ici le plan initialement élaboré par Tyler Durden (Zero Hedge) en février 2012. Po…

Le syndrome Balthazar Picsou

Vous connaissez sans doute Balthazar Picsou, Scrooge McDuck [1] en version anglophone, l’oncle de Donald Duck qui se trouve par ailleurs être à la tête d’une fortune estimée par Forbes à environ 44,1 milliards de dollars en 2011. L’oncle Picsou est donc immensément riche mais ce n’est pas tout ; il a une autre particularité, une caractéristique qui tient à sa personnalité : Balthazar Picsou est incroyablement radin.Jugez par vous-même : depuis le début de sa carrière en 1947, la quasi-totalité des dollars qu’il a gagnés sont allés rejoindre son coffre géant de Donaldville. Cela fait donc 66 ans qu’il amasse des dollars sans jamais dépenser un cent ; 66 longues années qu’il traine la même redingote et le même haut-de-forme élimé. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est que la pingrerie de Picsou n’a rien d’anecdotique, ce n’est pas un simple trait de personnalité ; il est en réalité atteint d’une pathologie grave : ci-après, le syndrome Balthazar Picsou.Description cliniquePour bien com…

La lutte des classes dans mon salon

Lors d’un débat politique retransmit récemment sur la télévision d’État, l’un des protagonistes – Monsieur Mélenchon pour ne pas le nommer – nous a opportunément rappelé que la France est sans doute le dernier pays au monde où la « lutte des classes » est encore considérée comme une vision réaliste et crédible de la société. Le moment me semble donc bien choisi pour vous raconter l’histoire de Robert et Francis, deux enfants de la deuxième moitié du XXe siècle qui ont ceci de commun avec Johnny Halliday qu’ils sont nés en 1943.Robert et les affres du lumpenprolétariatC’est donc en 1943, à Paris, dans le quartier de la porte de Vanves que nait Robert. Fils d’ouvrier, le petit Robert perdra sa maman dès l’âge de 5 ans et c’est sa grande sœur, Ivonne, qui se chargera d’élever la fratrie. Son père, fou de chagrin, parviendra à nourrir ce qui reste de sa famille quelques années encore avant de rejoindre son épouse dans la tombe. L’enfance de Robert, c’est une misère que les jeunes de maint…

Le socialisme des imbéciles

« Juifs. Faire un article contre cette race, qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer... Par le fer ou par le feu, ou par l’expulsion, il faut que le juif disparaisse... […] La haine du juif comme de l’Anglais doit être notre premier article de foi politique. »S’il avait été allemand et s’il été né un siècle plus tard, l’auteur de ces mots, celui qui couche sur le papier de son journal personnel une telle haine des juifs, aurait sans doute été nazi. L’histoire ne lui donnera pas cette occasion puisque, d’une part, il était français et, par ailleurs, il a suivi son antisémitisme dans la tombe en 1865. L’…

Baguette de pain et exception culturelle

Commentaire lu sur internet : « Si on se rappelle, avant l'euro, la baguette était à 1 franc. Depuis l'euro, elle est à 1 euro, soit 6,55 francs. Lorsque le prix du blé a fortement grimpé, il y a quelques années, les boulangers ont répercuté la hausse. Lorsque les cours se sont ensuite effondrés, les boulangers ont oublié de répercuter la baisse... Alors, ils ont fait des économies sur le dos des clients. Refusons une nouvelle hausse... »Vous avez sans doute déjà lu des commentaires de ce type et peut être même partagez vous le sentiment de ce commentateur. Ce qui est exprimé ici, c’est une défiance très forte vis-à-vis de la concurrence ; l’idée selon laquelle, dans une économie de marché, les entreprises privées peuvent fixer et augmenter les prix comment elles le souhaitent. C’est une des nombreuses facettes de l’anticapitalisme à la française ; cette part de notre exception culturelle qui trouve sa source, au moins en grande partie, dans une ignorance désarmante des faits …

La pièce d'un trillion de dollars

L’histoire de la pièce magique remonte à l’été 2011, alors que l’administration Obama tentait d’exécuter un budget déficitaire de 1,5 trillions de dollars et que le debt ceiling (littéralement le « plafond de la dette »), le montant maximum de dette que le département du Trésor est autorisé à émettre [1] était déjà atteint (14,3 trillions [2] de dollars à l’époque). Le gouvernement des États-Unis était alors dans une impasse ubuesque : le Congrès refusait d’accorder au Président Obama les moyens de financer sa politique tandis que ce dernier exécutait le budget en avertissant qui voulait bien l’entendre qu’à défaut de rehaussement du plafond, les États-Unis d’Amérique risquaient de se retrouver en situation de cessation de paiement.Début août 2011, un accord fut finalement trouvé et l’administration en place parvint à négocier une élévation du fameux plafond en l’échange de coupes budgétaires programmées en 2013 ; lesquelles, concomitantes avec la fin des allègements fiscaux hérités d…

Trolls et biais de sélection

Dans un billet sur son blog (Les nouveaux trolls cons des blogs politiques, le 4 janvier 2013), Jégoun identifie trois types de trolls qui, selon lui, hantent les blogs politiques sans respecter les codes de conduite implicites entre blogueurs (notez l’ordre spontané). Les catégories proposées par Jégoun sont les trolls « réactionnaires » et les trolls « libéraux » (regroupés dans une même catégorie) et les trolls « de gauche » (i.e. en l’occurrence d’extrême gauche).Vu de ma fenêtre, voici les catégories de trolls qui trustent régulièrement les commentaires sur Ordre Spontané (où là où mes billets sont republiés).J’ai, comme Jégoun, régulièrement droit la visite de commentateurs qui correspondent probablement à ce que Jégoun appelle des « réactionnaires ». Ma classification est un petit peu plus précise : il y a des souverainistes (i.e. Debout la République, Montebourgeois, Chevènementistes…), des conservateurs (principalement des UMP décomplexés) et, bien sûr, les inévitables nation…

L’effet Dunning-Kruger

« Ignorance more frequently begets confidence than does knowledge. »
-- Charles Darwin [1]En 1999, Justin Kruger et David Dunning, deux chercheurs du département de psychologie de la Cornell University réalisèrent une drôle d’expérience. L’idée était la suivante : faire passer des tests – d’humour, de raisonnement logique et de grammaire – à des étudiants de l’université et comparer les résultats obtenus à l’idée que ce faisaient leurs cobayes de leur propre niveau de compétence.Quatre études furent ainsi réalisées [2] et, dans les quatre cas, les deux chercheurs mirent en évidence un biais cognitif récurrent : si les sujets les plus compétents tendent à sous-estimer légèrement leurs capacités, les sujets les moins compétents, eux, tendent à surestimer grossièrement les leurs.C’est l’effet Dunning-KrugerConsidérez Nicolas Dupont-Aignan, qui n’hésite pas à refondre l’ensemble du système monétaire et financier international ou Arnaud Montebourg, qui n’éprouve manifestement aucune gêne qu…