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Articles

Affichage des articles du septembre, 2012

Liberté économique 2012

Dans l’introduction du rapport annuel Economic Freedom of the World 2012 du Fraser Institute [1] :En 2010, les nations classées dans le premier quartile de liberté économique (les 25% les plus libres) affichaient un PIB par habitant moyen de $37 691 alors que celui des pays du dernier quartile (les 25% les moins libres) n’atteignait que $5 188 [2].Au sein des pays du premier quartile, le revenu moyen des 10% les plus pauvres était de $11 382 contre $1 209 pour ceux du dernier quartile ; par ailleurs, les citoyens les plus pauvres des pays les plus libres sont en moyenne deux fois plus riches que l'ensemble des citoyens des pays les moins libres.L’espérance de vie des habitants des pays du premier quartile atteint 79,5 ans ; dans les pays du dernier quartile, elle n’est que de 61,6 années.Les libertés civiles et politiques sont considérablement plus élevées dans les pays économiquement libres que dans les nations les moins libres.---
[1] L’enquête annuelle du Fraser Institute, un t…

Les nouvelles du matin...

À fin août, le nombre de chômeurs de catégorie A en France métropolitaine franchissait officiellement le seuil psychologique des 3 millions (3,011 exactement) ; en incluant les catégories B et C, ce chiffre est désormais de 4,495 millions. En 2011, étude de l'Insee évaluait le nombre de chômeurs non-comptabilisées à 850 000 personnes.Du coté de ceux qui ont encore un emploi, selon les calculs de Fiducial, la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires devrait entraîner une baisse de 3% de la rémunération nette de plus de 1,8 million de salariés travaillant dans les TPE (-43,78 euros par mois ; -525 euros par an).Quoique les heures supplémentaires risquent de ne bientôt plus concerner le secteur automobile français : au cours des 8 premiers mois de l’année 2012, les immatriculations de voitures particulières s’élèvent à 1,29 millions de véhicules ; soit un recul de 13,4% par rapport aux 8 premiers mois de 2001 (1,49 millions) contre -7.1% dans l’UE27 en moyenne.Par…

Quand Greenspan recommandait les ARMs

Alan Greenspan, le 23 février 2004 :« One way homeowners attempt to manage their payment risk is to use fixed-rate mortgages, which typically allow homeowners to prepay their debt when interest rates fall but do not involve an increase in payments when interest rates rise. Homeowners pay a lot of money for the right to refinance and for the insurance against increasing mortgage payments. Calculations by market analysts of the "option adjusted spread" on mortgages suggest that the cost of these benefits conferred by fixed-rate mortgages can range from 0.5 percent to 1.2 percent, raising homeowners' annual after-tax mortgage payments by several thousand dollars. Indeed, recent research within the Federal Reserve suggests that many homeowners might have saved tens of thousands of dollars had they held adjustable-rate mortgages rather than fixed-rate mortgages during the past decade, though this would not have been the case, of course, had interest rates trended sharply upwa…

Libres !

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Charlie Hebdo : soutenir ou censurer ?

Une des grandes différences qui opposera toujours les libéraux et leurs antagonistes socialistes, c’est que les défenseurs de la Société libre n’ont pas la prétention de construire une société parfaite et n’envisagent pas une seconde que nous puissions un jour vivre dans un paradis terrestre.Dans une Société libre, vous ne pouvez pas exiger pour vous-même le droit de disposer librement du fruit de votre travail tout en réclamant que l’État subvienne à vos besoins.Dans une Société libre, vous ne pouvez pas exiger pour vous-même le droit d’élever des enfants tout en réclamant que ce droit soit refusé à celles et ceux dont les orientations sexuelles vous déplaisent.Dans une Société libre, vous ne pouvez pas exiger pour vous-même le droit de vous vêtir comme bon vous semble tout en réclamant que l’on interdise à d’autres de porter une burqa ou une kippa.Dans une Société libre, enfin et puisque c’est le sujet qui nous occupe, vous ne pouvez pas exiger pour vous-même le droit d’exprimer lib…

Eurogeddon

S’il est un graphique qui résume magnifiquement la courte histoire de l’euro, c’est bien celui que je vous propose ci-dessous. Il retrace l’évolution des taux d’intérêt moyens des obligations souveraines à dix ans d’une sélection d’État membres de la zone euro [1] de janvier 1993 à août 2012.(Cliquez pour agrandir)Le grand mouvement de convergence que vous observez de 1993 à 1997 est une conséquence directe de la construction de l’Union Européenne et de la création de l’euro [2]. Ce processus a commencé dès les premières négociations, s’est accéléré avec la signature du traité de Maastricht (février 1992), puis du Pacte de stabilité et de croissance (juin 1997) et a abouti à ce que, lorsque l’euro a été officiellement lancé en janvier 1999, l’écart entre les taux à dix ans italiens et leurs homologues allemands n’était plus que de 0,22% contre 6,28% quatre ans plus tôt. Durant les huit années qui vont suivre, c'est-à-dire jusqu’à fin 2007, les taux longs des États membres de la zo…

À bas le mariage civil, vive le mariage !

À la lecture de la réponse de Théophane Le Méné, il m’apparait que je n’ai pas été bien compris. C’est certainement de ma faute ; sans doute me suis-je mal exprimé : comme tout bon ouvrier, je vais donc remettre mon ouvrage sur le métier.Commençons par le commencement : qu’est-ce qu’un mariage ou, plutôt, d’où peut bien provenir cette vénérable institution ? Le fait est que la reproduction de l’homos sapiens implique nécessairement l’interaction de deux représentants sexuellement différentiés de notre espèces – par convention un mâle et une femelle. C’est un fait entendu ; il n’est point utile d’y revenir. Néanmoins, en quoi cette contrainte propre à notre nature explique-t-elle que nous formions des couples pérennes ? Après tout, l’acte sexuel en lui-même ne prend – modulo les performances des uns et des autres – que quelques minutes. Dès lors, pourquoi diable avons-nous prit, depuis la nuit des temps, cette étrange habitude qui consiste à former des couples qui durent infiniment pl…

Fiat pecunia ; et facta est pecunia.

« Dixitque Deus : Fiat lux ; et facta est lux. »
- Genèse ILorsqu’il accède enfin au trône en 1260, Kubilai Khan, petit fils de Gengis Khan, Grand Khan des mongols et futur fondateur de la dynastie Yuan est loin d’être un novice puisqu’il va sur son 45ème printemps. Intelligent, volontiers novateur et observateur attentif, le nouvel empereur a largement mit à profit cette décennie passée en tant que vice-roi de la Chine du nord pour étudier la civilisation chinoise et notamment les expériences de monnaies-papier de la dynastie Song ; le jour de son couronnement, il a déjà parfaitement compris les avantages qu’il pouvait en tirer et les améliorations qu'il pouvait y apporter. Ainsi, dès la dixième lune de l’année même de son accession au trône, il se lance dans une des réformes monétaires les plus audacieuses de l’histoire. Kubilai Khan va créer sa propre monnaie-papier, le Zhongtong yuanbao jiaochao (ou Zhongtong chao) ; de simples billets imprimés sur un papier fabriqué à base d’…

Une question de temps

Une petite image vaut mieux qu’un long discours…(cliquez pour agrandir)Entre août 2008 et août 2012, la BCE a injecté 849,8 milliards d’euros dans l’économie (essentiellement via les deux LTROs à 36 mois) ; soit un quasi-doublement de la base monétaire. Pourtant, contrairement à ce que prédit la théorie quantitative de la monnaie, nous n’observons pas d’accélération sensible de la hausse des prix.La raison – exactement comme aux États-Unis – est extrêmement simple : cet argent est, dans son immense majorité, resté sur les comptes des banques auprès de la BCE (i.e. leurs comptes courants et/ou leurs comptes rémunérés). Fin-août 2012, ces réserves excédentaires (augmentées du solde des comptes rémunérés) atteignaient 746,3 milliards d’euros – 88% de l’injection monétaire des 4 dernières années.Le 11 juillet, la BCE a eut beau cesser de rémunérer les dépôts des banques, rien n’y a fait ; elles se sont contenté d’arbitrer entre leurs comptes et l’argent est resté à la BCE. Toute la questi…

Outright Monetary Transactions (1)

Quelques réflexions sur les Outright Monetary Transactions, le nouveau bazooka monétaire de M. Draghi.Les informations dont nous disposons à ce jour sont les suivantes :
(i) C’est un programme au travers duquel la BCE entend acheter sur le marché secondaire [1] des obligations souveraines émises par des États en difficulté comme l’Italie ou l’Espagne.
(ii) Pour bénéficier de cette aide, les pays concernés devront adhérer à un programme fonds européen de stabilité financière (qui sera remplacé par le mécanisme européen de stabilité 2013).
(iii) Mario Draghi a utilisé le mot en U, « unlimited » et ne fixe aucune limite de durée à l’opération.
(iv) La BCE entend se focaliser sur la partie courte de la courbe (le segment 1-3 ans).
(v) Comme pour le SMP et contrairement aux Quantitative Easings étasuniens, M. Dragui entend stériliser intégralement les achats de la BCE c'est-à-dire que les OMTs ne devraient – en principe – pas avoir d’impact inflationniste sur la base monétaire (M0).De …

La solitude des Dieux

Caroline, décidément, n’y comprend rien. Depuis maintenant trois ans qu’elle a ouvert sa sandwicherie, le même phénomène se répète sans qu’elle ait jamais pu en découvrir la cause. L’expérience des années écoulées ne lui a permis d’identifier qu’un seul élément de régularité auquel elle peut se raccrocher : c’est toujours un jeudi, le premier ou le second de chaque mois, que son petit commerce est littéralement pris d’assaut. Caroline le sait, la capacité d’un restaurateur à anticiper la fréquentation de son établissement est une des clés du succès ; ça évite le gaspillage et ça permet de répondre à la demande. Or là, avec ces « jeudis noirs » comme elle les appelle, elle se retrouve dans la même situation que nos lointains ancêtres ; ils observaient bien que le soleil se lève à l’est pour se coucher à l’ouest – il fait toujours ça – mais ne savaient absolument pas pourquoi. Pour Caroline, c’est son tempérament, cette incertitude est insupportable : aujourd’hui, pour la première fois,…

Je ne suis pas un virus

« Je voudrais partager avec vous une révélation que j’ai eu durant mon temps ici. Elle m’est venue alors que j’essayais de classifier vos espèces et j’ai réalisé que les humains ne sont pas des mammifères. Tous les mammifères sur cette planète développent instinctivement un équilibre naturel avec l’environnement qui les entoure ; mais vous, humains, n’en faites rien. Vous vous installez quelque part et vous vous multipliez, vous vous multipliez jusqu’à ce que toutes les ressources soient consommées. Le seul moyen pour vous de survivre est de vous déplacer à un autre endroit.
Il y a un autre organisme sur cette planète qui se comporte de cette manière. Vous savez ce que c’est ? Un virus. Les êtres humains sont une maladie, un cancer de cette planète ; vous êtes la peste et nous sommes le remède. »Si cette diatribe qui mêle si subtilement malthusianisme et écologisme radical vous rappelle quelque chose sans que vous parveniez à vous souvenir de quoi précisément, ne cherchez plus : c’est…

Mon mariage n’est pas une affaire publique

Je suis bien incapable de vous donner une date précise – c’était un dimanche matin, à la fin de l’été 1999 – mais je me souviens de cet instant comme si c’était hier. Il faisait beau et, comme nous nous étions levés tard, un rayon de soleil avait réussit à frayer son chemin dans la cour de l’immeuble au rez-de-chaussée duquel se trouvait mon petit studio, avenue des Ternes à Paris. Il était sinistre ce studio avec sa vingtaine de mètres carrés, sa moquette élimée, son unique fenêtre qui donnait sur un mur gris et cet aménagement pour le moins spartiate qui trahissait si bien l’identité de celui qui y vivait : un jeune type fraîchement débarqué de sa province natale qui partageait sa vie entre son premier job payé au Smic et la découverte frénétique de la capitale ; un gamin attardé qui n’avait ni le temps, ni les moyens ni même l’envie d’aménager son intérieur. Ce gamin c’était moi et c’était moi pour la dernière fois parce que ce matin là, ma vie allait changer : maintenant elle étai…

Ultima Ratio Regum

Alipio, un espagnol un peu baba cool et au demeurant fort sympathique, pense que la crise qui frappe si durement l’Espagne est l’occasion d’un retour à la terre et veut donc créer une coopérative agricole autonome [1]. Pour ce faire, il a réunit une petite équipe – composée notamment de María, une architecte au chômage et d’Alberto, un comptable qui a du temps libre – qui accepte de l’aider gratuitement à donner vie à son ambitieux projet. Quoique « gratuitement » n’est peut être pas tout à fait le bon terme : Alipio paye les membres de sa petite équipe mais il ne les paye pas en euros ; il les rémunère en temps. En effet, Alipio, María et Alberto ne sont pas de vieux amis – il y a quelques mois encore ils ne connaissaient pas ; ils se sont rencontré sur un site communautaire d’un genre nouveau : Comunitats.org.Créé par Teresa Cristobal et Alvaro Solache, Comunitats est une des 291 « banques de temps » que comptait l’Espagne au dernier pointage. C’est un phénomène en pleine expansion …

Orwell, le socialisme pessimiste

Je me suis souvent demandé comment l’auteur de 1984 pouvait être socialiste ?C’est, du moins me semble t’il, Orwell lui-même qui nous donne la réponse dans une lecture comparée de La route de la servitude de Fredrich Hayek et de The Mirror of the Past de Konni Zilliacus (The Observer, le 9 avril 1944). Lire Orwell s’exprimer sur ces deux opus est particulièrement intéressant puisque, comme il le note lui-même, ils couvrent à peu de chose près le même champ tout en développant des opinions radicalement opposées : Hayek, bien sûr, défend le capitalisme et l’économie de marché et dénonce les inévitables dérives totalitaires des systèmes collectivistes tandis que Zilliacus, fervent partisan du collectivisme, soutient une thèse parfaitement orthogonale.Dès le début du papier, Orwell adopte une position surprenante en déclarant que les deux auteurs pourraient bien avoir raison. Selon lui, le capitalisme de laissez-faire ne peut mener qu’au monopole et donc à la crise et au chômage ; il en c…